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"Opportunités d'achat uniques"

«Le meilleur moment pour acheter des actions, c'est quand tout le monde s'inquiète de la situation économique. Vous ne gagnerez peut-être pas beaucoup d'argent cette année en investissant ces actifs, mais d'ici 4 à 5 ans, vous vous féliciterez d'avoir saisi cette opportunité unique», estime David Dudding, de Threadneedle Investments.

Ce Britannique âgé de 37 ans gère depuis 2002 le très performant Threadneedle European Smaller Companies Fund. Lorsqu'il choisit ses actions, David Dudding ne se laisse pas tant guider par la conjoncture économique que par les particularités de chaque entreprise. «Celles dignes d'achat disposent des atouts indispensables pour être les vainqueurs de demain. Les cycles économiques n'ont aucune importance. De même, le passé ne compte pas. Ce qui est fait est fait», explique D. Dudding.

Quel regard portez-vous sur l'année écoulée?

2008 a marqué le début d'un processus visant à mettre un terme à une situation de surconsommation aux États-Unis et d'épargne excessive en Chine. La structure de l'économie mondiale était malsaine; elle était condamnée. Ce processus en cours, ne s'arrêtera pas du jour au lendemain. La croissance proviendra désormais des marchés émergents et les rapports de force entre l'Occident et les pays émergents sont en train de changer définitivement. Cela ne signifie pas que les actions européennes ne recèlent plus aucun potentiel… Mais aujourd'hui, il est primordial de comprendre comment évoluent les rapports de force. Il faut regarder l'avenir; rien ne sert de revenir sur une période révolue. On n'investit pas dans le passé, mais dans le futur.

Cela signifie-t-il que les investisseurs doivent se précipiter sur les marchés émergents?

L'évolution des Bourses n'est pas nécessairement corrélée à celle de l'économie. En 2008, l'économie chinoise a encore enregistré une croissance impressionnante mais les actions chinoises ont signé des performances médiocres. Je ne crois pas non plus à la théorie du désaccouplement, selon laquelle les pays émergents vont totalement se détacher de l'Occident. Une baisse de la consommation en Occident aurait une incidence catastrophique sur la Chine. Il est à mon sens totalement erroné d'affirmer qu'il faut investir en Chine uniquement car ce pays enregistrera une croissance supérieure à l'Occident ces vingt prochaines années. Ce raisonnement ne tient pas du tout compte des valorisations. Aujourd'hui, il est possible d'acheter de nombreuses entreprises américaines ayant des activités d'envergure mondiale moyennant des valorisations très attrayantes.

La crise a-t-elle modifié votre politique d'investissement?

Non, nous continuons d'investir sur un horizon de cinq ans dans les entreprises dans lesquelles nous croyons, quel que soit le climat économique. Colruyt, par exemple, a été très prisée en 2008, les investisseurs estimant que le groupe afficherait de bonnes performances pendant la crise. C'est peut-être le cas, mais nous investissons depuis six ans dans cette action car nous avons confiance dans son management et son modèle d'affaires. Comme l'illustre le graphique de cours, l'action est performante depuis six ans, y compris en périodes de plus forte conjoncture. Je n'ai donc pas racheté d'actions Colruyt pendant la crise - même si j'ai conservé ma participation. Même constat pour Umicore qui a connu un bon cru 2008, mais dont l'action a été affectée par la déprime du secteur automobile. Ce sont des facteurs sur lesquels une entreprise n'a que très peu d'emprise. En 2008, j'ai donc accru ma participation dans Umicore au lieu de la réduire. Pas en pensant que 2009 sera meilleure - nous craignons même de mauvais résultats -, mais par conviction que les mauvaises nouvelles à venir sont déjà largement intégrées dans le cours. Et aussi car nous avons foi dans l'entreprise et sa direction. Nous avions déjà Colruyt et Umicore en portefeuille en 2007; elles y figureront encore en 2009, même si les conditions économiques seront radicalement différentes. Nous n'essayons pas de prévoir si les actions du fonds vont augmenter ou baisser cette année mais recherchons des entreprises ayant un avantage concurrentiel qui leur permettra de sortir gagnantes sur le plus long terme.

Le fonds investit dans des sociétés de moindre envergure: les «petites capitalisations». Les cycles économiques ne revêtent-ils pas précisément une plus grande importance pour cette catégorie d'actions?

Les petites capitalisations sont certes un peu plus volatiles. Ce sont souvent les premières à être touchées par la crise, mais aussi les premières à s'en extraire. Nous essayons donc de réduire ce risque en n'achetant que des valeurs gagnantes sur le long terme. Ce qui revient à acheter des entreprises de qualité lorsque les marchés sont moroses. C'est pourquoi je vis aujourd'hui une époque fantastique. Beaucoup d'entreprises sont bradées. Le timing est idéal pour acheter, surtout si l'on croit en un scénario de déflation et de croissance nulle. Le rendement de dividende de Nestlé, la plus grande entreprise européenne, se monte à 3,5%. C'est quasi le double du rendement des obligations émises par le groupe! Ne vous attendez pas à devenir riche cette année. Mais sur un horizon de quatre à cinq ans, les returns devraient être substantiels, à condition d'investir aujourd'hui.

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