BNP Paribas Fortis prévoit un nouveau plan de départs anticipés

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La banque concocte un nouveau plan de départs anticipés pour 250 personnes, sur la période de mi-2017 à fin 2018. Ce plan succédera à l’actuel, qui concerne 260 personnes et court jusqu’en juin 2017.

Entre juillet 2017 et fin 2018, BNP Paribas Fortis prévoit 250 départs anticipés (soit 225 équivalents temps plein) en plus de ceux déjà décidés au début de cette année, a appris L’Echo. La banque a pris une provision de 45 millions d’euros en ce sens. BNP Paribas Fortis n’a pas souhaité répondre à nos questions. "La banque privilégie les négociations avec les syndicats", dit-elle. "Par conséquent, elle souhaite ne faire aucun commentaire."

Ce nouveau plan de départs anticipés, qui prolongera l’actuel, est sur la table des négociations sociales.

Au début de cette année, la banque avait déjà activé un plan similaire (EDP, pour "early departure plan"), prévoyant le départ anticipé de 260 personnes (ou 230 équivalents temps plein) entre début 2016 et mi-2017. Ce plan était accessible aux employés âgés de 57 ans (voire même 55 et 56 ans sous certaines conditions) avec 25 ans d’ancienneté.

Pour le futur plan EDP, qui prolongera donc l’actuel, la banque envisage d’adapter les conditions d’âge, voire même de proposer d’autres formules indépendantes de l’âge, nous explique-t-on à bonne source, sans qu’il soit possible d’en savoir plus à ce stade.

4.568
Sur les cinq dernières années, 4.568 emplois ont disparu chez BNP Paribas Fortis. Soit un emploi sur quatre.

1.250 employés dans les conditions

Trouver 250 candidats à la prépension ne devrait pas poser trop de problèmes. Il nous revient en effet que, sur l’ensemble du personnel de la banque, 1.250 employés rentrent en 2017 dans les conditions. Le gros des personnes "préretraitables" travaille pour le réseau d’agences (530) ou dans les fonctions de groupe (finance, ressources humaines, IT, etc.: 400).

Ce nouveau plan de prépension est à l’agenda des négociations sociales qui ont débuté récemment au sein de la première banque du pays.

Parmi les autres points à négocier: une nouvelle garantie d’emploi pour deux ans (l’actuelle vient à échéance fin décembre) et un tout nouveau mode de rémunération, instaurant la "personnalisation" du salaire pour les employés, à l’image de ce qui a été mis en place en 2015 pour les 1.300 cadres de direction (voir ci-contre).

La direction veut traiter tous ces chantiers sociaux de front et a déjà fait savoir aux représentants du personnel qu’elle les voyait comme un tout. Il n’y aura pas de garantie d’emploi si le reste ne passe pas.

Payés en "units"

Le salaire "personnalisé"

Parmi les dossiers négociés avec les syndicats, il y a ce nouveau mode de rémunération instaurant la "personnalisation du package salarial" pour les employés, comparable à ce qui existe depuis 2015 pour les cadres de direction. Il s’agit de rémunérer en "units" le salaire fixe au-delà de 4.700 euros brut, le 13e mois ainsi que les rémunérations variables individuelles.

Les "units" sont des bons d’achat convertibles en cash ou en formation, matériel IT, congés supplémentaires, etc. Le cash est valorisé à un niveau moindre que le non-cash. Exemple: un "unit" vaut un euro s’il est converti en cash mais 1,2 euro s’il va à de la formation.

BNP Paribas Fortis va par ailleurs de supprimer les primes d’ancienneté de 25 et 35 ans. La banque considère qu’elles n’ont pas d’effet sur la rétention de son personnel, ni sur sa motivation.

Moins de recrutements

Chez BNPP Fortis, l’emploi ne baissera pas seulement du fait de ces départs anticipés. Fin 2015 en effet, la banque a arrêté un plan stratégique, Vision 2020, entraînant la suppression de 1.045 jobs à l’horizon 2018, de quoi ramener les effectifs à 13.680 équivalents temps plein. Mais il s’agissait là d’un chiffre net, intégrant les 2.450 départs naturels attendus mais aussi les engagements prévus sur la période. Or, la banque a récemment annoncé aux syndicats qu’elle allait ralentir les recrutements. L’emploi net va donc baisser davantage chez BNPP Fortis.

Plus qu’ING, mais plus soft

Depuis 2012, 4.568 équivalents temps plein ont disparu chez BNPP Fortis (voir notre infographie). C’est plus que ce qu’ING Belgique a décidé de supprimer d’ici 2021, soit sur une période équivalente (3.150 jobs). La différence, c’est la méthode. Quand ING frappe un grand coup et actionne la loi Renault, BNPP Fortis procède par étapes, sans passer par les licenciements secs massifs.

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