Activités de marchés à la fête et banque de détail à la peine chez BNP Paribas

©REUTERS

La banque a dégagé un bénéfice net en hausse de 4,4% sur un an au premier trimestre, soit nettement mieux qu'attendu. BNP Paribas explique notamment ce départ en trombe par le redémarrage énergique de ses activités de marché dopées par l'arrivée de Donald Trump. En revanche, les taux bas continuent de peser les résultats de la banque de détail.

De janvier à mars, le bénéfice net de BNP Paribas a atteint 1,89 milliard d'euros contre 1,81 milliard sur la même période l'an passé. Avec ce gain de 4,4% sur un an, l'établissement bancaire a surpris les analystes qui tablaient en moyenne sur un résultat de 1,56 milliard. Il faut dire que le secteur a pleinement profité du rebond d'activité lié au "Trump trade" sur les marchés, et cela malgré la faiblesse persistante de la banque de détail, toujours affaiblie par le niveau historiquement bas des taux d'intérêt.

+20%
Au premier trimestre, traditionnellement le plus vigoureux pour les activités de courtage, la division de financement et d'investissement a vu son chiffre d'affaires s'envoler de 20% sur un an et son résultat avant impôts être multiplié par près de deux.



Les revenus de la première banque de France et de Belgique ont également battu le consensus. Au premier trimestre, ils ont progressé de 4,2% sur un an à 11,297 milliards d'euros et le coût du risque, soit les provisions constituées pour des crédits risquant de ne pas être remboursés, s'est replié de 21,8% à 592 millions d'euros.

La banque a par ailleurs profité de ses résultats pour renforcer son ratio de solvabilité CET 1 qui progresse à 11,6% au 31 mars, contre 11,5% à la fin de 2016.

La banque de détail souffre toujours

Les métiers spécialisés, tels que le crédit à la consommation ou l'assurance, et la banque de détail à l'international ont également affiché une dynamique solide et signé la meilleure contribution aux bénéfices parmi toutes les divisions du groupe.

A l'inverse, le pôle "Marchés domestiques" - où figurent notamment les banques de détail en France, en Belgique (lire encadré ci-dessous) ou encore en Italie - a une fois encore souffert des taux bas, qui ont pesé sur le chiffre d'affaires et les bénéfices. Sur le marché hexagonal, les revenus de la banque de détail sont en repli de 1,4% à 1,620 milliard d'euros et le résultat avant impôts en recul de 11,2% "du fait de l'impact des taux bas persistants, malgré la nette reprise de sa dynamique commerciale", explique dans un communiqué la banque, qui doit en outre contrer les nouvelles offres de banques en lignes, comme celle que s'apprête à lancer l'opérateur Orange.

Et pour la belgique?

Le division "banque de détail en Belgique" a connu "une activité commerciale soutenue", explique BNP Paribas dans son communiqué qui constate au premier trimestre 2017 des crédits en hausse de 4,7% par rapport au premier trimestre 2016 et des dépôts en augmentation de 3,8%.

Le produit net bancaire est quant à lui en hausse de 1,5% par rapport au premier trimestre 2016, à 931 millions d'euros.

Enfin, le coût du risque est ressorti nul ce trimestre pour ces activités, alors qu'il atteignait encore 21 millions d'euros au premier trimestre 2016, "les dotations étant compensées par des reprises", justifie la banque. 

Alors que les nouveaux entrants se bousculent sur le marché et font craindre une guerre de prix similaire à celle qui a lieu dans la téléphonie mobile, BNP a riposté en rachetant le Compte Nickel, qui compte plus de 500.000 clients et propose ses services via un réseau de buralistes.

La banque française a aussi profité du début d'année pour donner un coup d'accélérateur dans le segment jugé stratégique du crédit automobile en rachetant avec PSA les activités de financement de GM Financial en Europe.

La division des Services financiers internationaux, où sont logés ces activités avec notamment celles d'assurance ou de gestion institutionnelle, a vu son benéfice avant impôts progresser de 16,2% à 1,222 milliard d'euros, soit la plus grosse contribution au résultat total du groupe. Ce pôle, très diversifié, est moins vulnérable à la faiblesse des taux d'intérêt et constitue un relais de croissance important pour BNP Paribas.

Ces résultats, qui surviennent dans un climat d'incertitudes du fait de l'entre-deux-tours de la présidentielle française, étaient toutefois accueillis sans entrain à la Bourse de Paris, où le titre BNP Paribas reculait à l'ouverture de 0,09% à 65,71 euros avant de remonter légèrement dans le vert dans un marché en repli de 0,29%.

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