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Erik Van Den Eynden, un CEO nouveau style pour ING Belgique

ING Belgique a confirmé, mercredi, la nomination d’Erik Van Den Eynden comme CEO. Un homme que certains voient comme l’anti-Rik Vandenberghe, son prédécesseur.

"Frankfurt just called. Honoured and ready for it", déclarait Erik Van Den Eynden mercredi matin dans un tweet. Comme L’Echo l’annonçait la semaine dernière, ING Belgique a en effet choisi cet homme de 49 ans comme nouveau CEO. La Banque centrale européenne devait encore donner son fiat à cette nomination. C’est désormais chose faite.

Le nouveau patron a endossé ses nouvelles responsabilités immédiatement, puisque son prédécesseur a quitté la place mardi. On se souvient qu’après avoir annoncé début octobre la suppression d’un poste sur trois dans la banque, Rik Vandeberghe avait créé la surprise en décidant, en pleine tempête, de rejoindre le groupe de construction Besix.

La mission qui attend le nouveau patron d’ING Belgique s’annonce difficile, même si un accord oral a été trouvé avec les syndicats sur la restructuration, qui ramène les licenciements secs à 890 au maximum. Il va devoir formaliser l’accord avec les partenaires sociaux, remotiver le personnel et pacifier l’entreprise. "Je suis convaincu que nous parviendrons à un accord équilibré. La transformation ne saurait en effet aboutir sans accorder à nos collaborateurs tout le respect qui leur convient", affirme le nouveau CEO dans un communiqué.

Sans bureau fixe

Jusqu’ici, Erik Van Den Eynden travaillait sur un plateau ouvert, au milieu de ses troupes. "C’est un leader moderne, très à l’écoute, qui ne se place pas au-dessus des autres, explique une collègue. Mais en même temps, il challenge chacun en permanence, et pousse les gens à s’améliorer."

"Il passe plutôt bien en interne"

Pour réussir son challenge, Erik Van Den Eyden dispose de plusieurs atouts. D’abord, même s’il était responsable de la division ‘midcorporates & institutionals’ et qu’il connaît très bien la banque, il ne faisait pas partie du comité de direction – il n’a donc pas été associé aux couacs de communication et au manque criant d’empathie qui ont accompagné l’annonce de la restructuration.

Il passe plutôt bien en interne, entend-on. Ce banquier moderne, féru de digital et qui n’hésite pas à laisser tomber la cravate, est décrit comme une personnalité passionnée et inspirante. "Il a un véritable sens de ses collègues et de ses clients", affirme un cadre d’ING.

Banquier de la mode 

S’il se décrit lui-même comme un "banquier orange", Erik Van Den Eynden est aussi appelé le banquier de la mode. C’est que dans les années 90, le styliste anversois Dries Van Noten est devenu client de l’agence BBL qu’il dirigeait alors. Le bouche à oreille a fait le reste, et d’autres personnalités du monde de la mode anversoise, comme Raf Simons ou Walter Van Beirendonck, ont suivi.


"C’est un homme très dynamique, assez énergisant pour les gens autour de lui. Il a le sens de l’humour et ne se prend pas trop au sérieux. Bref, c’est quelqu’un avec qui je pourrais partir en vacances", explique François Goffinet, directeur de la stratégie chez Euroclear, qui a travaillé à plusieurs reprises avec lui par le passé. "C’est un peu l’anti-Rik Vandenberghe", résume, plus abrupt, un fin connaisseur du secteur.

"Erik ne brigue pas le succès personnel, mais celui des personnes qui l’entourent. Il prend des initiatives et tient ses promesses", affirme, de son côté, Eric Boyer de la Giroday, président du conseil d’administration d’ING Belgique.

"C’est un bon choix. Erik est un ‘doer’, qui parvient à gérer les situations inédites, apprécie Bruno Colmant, qui a travaillé avec lui chez ING. Tout en étant un excellent financier, c’est aussi un homme de processus, avec une grande capacité à fédérer les gens. Il a ainsi été à la base de la comptabilité analytique chez ING, qu’il a réussi à imposer grâce à son enthousiasme."

Cet Anversois parfait bilingue, qui sera amené à se rendre fréquemment à Amsterdam, au siège la maison mère, a en outre une bonne connaissance des Pays-Bas, où il a travaillé des années. "Avec son sens du contact et sa souplesse, il va pouvoir non seulement redorer le blason de la banque mais aussi jouer un rôle auprès de Febelfin, la fédération professionnelle du secteur, dont la réputation a été écornée par les épisodes difficiles de la restructuration d’ING", ajoute un observateur.

Un cycliste régulier

Parmi les passions connues d’Erik Van Den Eynden: le vélo.  Il lui est même arrivé de l’embarquer dans sa voiture pour l’enfourcher après avoir rendu visite à un client, montre son compte Twitter.

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