ING Belgique a servi d'intermédiaire à de nombreuses transactions "suspectes"

©Peter Hilz

La banque ING Belgique a servi d'intermédiaire à de nombreuses transactions "suspectes" vers ou depuis des paradis fiscaux, selon l'enquête internationale FinCEN Files.

ING est la banque belge dont le nom revient le plus souvent dans l'enquête FinCEN Files, à laquelle participent plusieurs médias belges (De Tijd, Le Soir, Knack, et le consortium ICIJ): son nom revient dans 179 rapports, parmi les 2.100 "déclarations d'activités suspectes" reprises dans les documents exfiltrés du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), le gendarme américain du monde de la finance.

Au-delà du chiffre brut, ces trois médias belges ont analysé l'ensemble des 365 documents liés à la Belgique. Et il apparaît encore plus nettement qu'ING est la banque belge qui a servi d'intermédiaire au plus grand nombre de transferts "suspects" vers ou depuis des paradis fiscaux notoires, sur la période qui concerne cette fuite de 2011 à 2017.

ING Belgique a proposé des services de "correspondent banking" à de nombreuses banques étrangères et leur a fourni dans ce cadre des services tels que l'organisation de transactions en dollars ou l'organisation de transferts internationaux. La banque étrangère peut permettre à l'argent de circuler sur des comptes belges sans qu'ING Belgique connaisse les clients. Un statut qui pose de gros risques en matière de blanchiment d'argent, reconnaît-on à la Banque nationale.

Sociétés écrans

Or il apparaît qu'ING s'est choisi des partenaires basés en Lituanie, en Bulgarie ou à la Barbade dont la réputation laisse à désirer. Et, surtout, que ces partenaires ont utilisé cette relation de correspondance pour transférer les fonds de clients dont personne ne sait rien, si ce n'est qu'ils agissent derrière des sociétés écrans sans donner de détails sur l'origine des fonds transférés. Ce qui agite les sirènes d'un risque potentiel de blanchiment.

Le Soir revient en particulier sur une mystérieuse société écran britannique, liée au monde du porno, qui envoie depuis son compte en Bulgarie plusieurs millions à destination du compte bancaire anglais d'une société logée aux Caraïbes. Et au milieu de tout cela: la banque ING Belgique, sans qui la transaction en dollars n'aurait pas pu être possible.

Succursale à Genève

"Nous avons pris des mesures intensives pour renforcer et améliorer notre rôle de gardien de la lutte contre la criminalité financière."
ING Belgique

Mais si ING Belgique apparaît si souvent dans les FinCEN Files, c'est aussi à cause de la succursale qu'elle possédait à Genève depuis des années, relève De Tijd. Jusqu'en 2017 au moins, des millions de dollars d'argent suspect ont transité par les comptes suisses d'ING, selon les fichiers FinCEN. Il y a quelques mois seulement, la succursale de Genève a été transférée d'ING Belgique à ING Pays-Bas.

Dans une réaction obtenue par De Tijd, ING Belgique rappelle avoir mis fin à certaines relations avec d'autres banques "qui ne répondaient pas à nos normes de contrôle" et avoir "pris des mesures intensives" pour renforcer et améliorer son rôle de "gardien de la lutte contre la criminalité financière".

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