L'emploi dans les banques, une érosion lente mais constante

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La tendance est connue: l’essor spectaculaire de la banque en ligne et de la banque mobile vide les agences. Et pousse les banques à les fermer ou à les franchiser.

En 1995, la Belgique comptait encore 16.645 agences bancaires. Elles n’étaient plus que 6.554 l’an dernier. Cette érosion régulière doit être mise en parallèle avec la progression de la banque en ligne. On comptait l’an dernier 11,1 millions de connexions en ligne (+ 500.000), soit quasiment une par habitant. Et la banque mobile explose. Le nombre d’abonnements mobiles a bondi l’an dernier de 50% pour atteindre 3,19 millions de comptes.

Autant d’évolutions qui poussent les banques à s’adapter, en sabrant à tour de rôle dans l’emploi. Depuis 2000, le secteur bancaire a perdu quelque 16.000 postes. En 2015, les banques ne comptaient plus que 51.594 employés. Il ne faudra plus attendre longtemps avant de franchir dans le mauvais sens le plancher des 50.000 postes.

BNP Paribas Fortis

Sécurité d’emploi jusqu’en… 2017

Le groupe bancaire flamand a signé en début d’année une convention collective avec les syndicats dans laquelle il s’engage à "ne licencier personne pour des motifs d’ordre organisationnel, économique ou de restructuration". C’est donc une sécurité d’emploi, mais pas une garantie de maintien de l’emploi: KBC a un potentiel de départs volontaires important. L’enseigne offre toujours la possibilité de souscrire à un crédit-temps pour 12,5% du personnel (contre 5% pour le minimum légal).

Autre nuance de taille: la CCT ne court que jusque l’an prochain. Après, c’est l’inconnue.

KBC

290 agences à franchiser

Chez BNPP Fortis, le personnel a déjà donné. L’heure est à la mise en œuvre des mesures adoptées fin 2015, à savoir la suppression de 2.430 équivalents temps plein à l’horizon 2018, sans licenciements secs. Plus question à ce stade de sabrer davantage dans l’emploi. Au contraire: la direction propose de reconduire pour deux ans la garantie d’emploi qui vient à échéance dans trois mois. En contrepartie, le personnel devrait accepter un "reward model" limitant la progression salariale à l’ancienneté, pour une politique plus flexible davantage orientée sur le mérite. D’ici 2018, les effectifs devraient donc rester stables autour de 14.000. Mais 2018, c’est demain…

Belfius

L’emploi, -18% en quatre ans

"Il n’y aura plus de plan social chez nous car ce n’est pas nécessaire", nous nous disait récemment Marc Raisière, CEO de Belfius (Lire l'article dans L’Echo du 21 septembre). Il est vrai qu’en 2012, Belfius avait enclenché un plan social qui avait coûté 670 emplois sur quatre ans, et imposé aux autres une baisse de salaire de 5%. En 2014, la même Belfius en avait rajouté une couche en actionnant un plan de mise en préretraite, proposé aux employés de 56 et 57 ans. Au total, 236 personnes avaient signé.

Belfius devrait terminer l’année 2016 avec 4.440 équivalents temps plein. L’emploi aura donc reculé de 18% en quatre ans. À cela s’ajoute qu’entre 2017 et 2025, un millier de collaborateurs partiront à la retraite (légale, pas anticipée), soit plus d’un cinquième des effectifs actuels.

Voilà qui explique aussi pourquoi un plan de licenciement peut être évité chez Belfius. S’ajoute à cela un réseau de distribution Belfius Banque (702 agences) composé à 78% d’agences indépendantes. Un élément non négligeable en termes de gestion de frais puisque ce sont autant de coûts fixes en moins.

Le nombre d’agences a du reste baissé de 30% en dix ans. Ces dernières années, une quinzaine d’agences Belfius ferment en moyenne chaque année.

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