"La Bourse donnera à Belfius plus d'agilité pour une future consolidation"

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Le conseil d'administration de Belfius a décidé jeudi soir de privilégier le scénario d'une privatisation partielle de la banque "via une introduction en Bourse d'une participation minoritaire".

Le conseil d'administration de Belfius a décidé jeudi soir de privilégier le scénario d'une privatisation partielle de la banque via une introduction en Bourse d'une participation minoritaire Cette prise de position intervient alors que le conseil des ministres restreint va se saisir tout prochainement de la question de l'avenir de la banque, détenue à 100% par l'Etat belge.

Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a en effet préparé pour le conseil des ministres restreint, le kern, une note sur les différents scénarios possibles pour une privatisation de Belfius.

L’ex-Dexia Banque Belgique rachetée fin 2011 par l’État belge (pour 4 milliards d’euros) a retrouvé le chemin de la croissance et des bénéfices (ses fonds propres sont aujourd’hui de 9 milliards d’euros). C'est donc au gouvernement fédéral qu'il revient de décider du futur de Belfius.

«La Bourse donnera plus d’agilité à Belfius en matière de capital pour participer à une future consolidation du secteur financier en Belgique voire en Europe», nous indique le CEO Marc Raisière.

C’est au nom de cette souplesse capitalistique que les instances du groupe préfèrent une IPO (pour «initial public offering») à la vente d’un bloc du capital à un ou plusieurs investisseur(s). «Nous n’avons pas envie de connaître la situation qui a été celle de la BBL à l’époque», fait valoir Marc Raisière. «ING y avait une participation dormante et n’a fait qu’attendre» avant de s’emparer, en 1998, de l’ensemble du capital de ce qui allait par la suite devenir ING Belgique.

L'introduction en Bourse n'est pas la seule option. Le gouvernement examine aussi la possibilité de vendre un bloc du capital à un ou plusieurs investisseur(s). Selon nos informations, l'assureur américain New York Life serait intéressé. New York Life est déjà le partenaire de Candriam (ex-Dexia Asset Management), c'est-à-dire le fournisseur de fonds de placement de Belfius.

Une troisième option pourrait aussi consister en un mélange des deux premières. 

D'abord, il y a Ecolo qui a réagi au quart de tour. "S'il devait valider l'option choisie jeudi soir par le conseil d'administration de Belfius en faveur d'une privatisation partielle en Bourse, le gouvernement fédéral montrerait qu'il n'a tiré aucune leçon de la crise bancaire", a déclaré Georges Gilkinet. "Il est important de préserver les banques d'une politique à court terme et de la pression des marchés boursiers", a estimé le député écologiste. 

Les députés PS Ahmed Laaouej et Stéphane Crusnière ont de leur côté déposé une proposition de résolution afin que Belfius reste une banque belge à 100% publique. "L'opération de privatisation ne vise qu'un rendement budgétaire. 'Remettre' en Bourse une banque qui aujourd'hui peut-être un instrument de relance pour les pouvoirs publics révèle l'absence de stratégie de ce gouvernement", ont-ils dénoncé. 

Enfin, le PTB réclame un véritable "débat public" sur l'avenir de la banque. "Chaque Belge a investi 370 euros pour sauver Belfius. Il s'agit dès lors d'un patrimoine commun de grande ampleur. Son sort mérite une véritable discussion, et pas des décisions prises en coulisses, à l'abri des regards", a dénoncé son président Peter Mertens.

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