La crise des subprimes, c'est quoi?

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Septembre 2008, en l'espace de trois jours, Lehman Brothers, AIG et Merrill Lynch s'effondrent. Au final, c'est tout le monde financier qui s'écroule. En cause: la crise des subprimes.

La crise des "subprimes", ces prêts immobiliers accordés en masse à des ménages à la situation financière fragile dans les années 2000, a eu des répercussions mondiales et continue à faire des vagues qui éclaboussent encore aujourd'hui Deutsche Bank et Credit Suisse.

C'est quoi un 'subprimes'?

Destinés à des foyers aux revenus précaires, ces prêts immobiliers dit "à risque" prévoyaient des taux d'intérêts généralement bas et fixes pendant les deux premières années. Ils devenaient ensuite variables au cours du temps.

Ces taux permis à de nombreux Américains d'accéder à la propriété dans les années 2000, créant une bulle immobilière.

Le problème?

Quand la Banque centrale américaine, la Fed, a relevé progressivement ses taux de 1% en 2004 à plus de 5% en 2006 -pour tenir compte de l'évolution de l'inflation et de la croissance américaine-, les taux d'emprunt ont suivi. La fièvre, qui s'était emparée du marché de l'immobilier, est alors redescendue et la valeur des biens a chuté.

Les emprunteurs les plus fragiles ont éprouvé des difficultés à honorer leurs échéances. La situation est d'autant problématique que certains établissements prêteurs, pour gonfler leur chiffre d'affaires, avaient artificiellement gonflés, voire délibérément truqués, leurs revenus.

Pourquoi ces prêts ont déstabilisé le secteur financier?

A partir de 2007, les défauts de paiements sur les crédits immobiliers se sont multiplié aux Etats-Unis. Ils ont provoqué les premières faillites d'établissements spécialisés.

Pour théoriquement couvrir les risques de ces organismes, certaines sociétés financières avaient racheté en masse les prêts immobiliers pour les regrouper et les transformer en produits financiers complexes. C'est la technique dite de titrisation.

Ces montages, vendus sur les marchés, étaient particulièrement prisés. Ils présentaient l'avantage d'offrir des rendements élevés dans un contexte de taux bas. Les acheteurs, des banques, des fonds de pensions ou des organismes publics, n'étaient en général pas prévenus de leur caractère très risqué.

Avec l'éclatement de la bulle immobilière, la valeur de ces titres dérivés s'écroule: leurs détenteurs ne peuvent plus espérer toucher de versement de la part des emprunteurs, et le montant global de ce qu'ils possèdent vraiment diminuent.

Oui, mais quelles ont été les conséquences pour l'économie?

En s'apercevant que la valeur des biens immobiliers chutait, les banques créancières ont tenté de saisir les titres qui y étaient adossés pour les vendre en urgence. En se livrant, sans grand succès, à un tel exercice, elles instillaient un sentiment de panique sur les marchés.

Les banques sont aussi devenues réticentes à se prêter entre elles, condition indispensable au bon fonctionnement du système financier international.

En septembre 2008, en l'espace de trois jours, Lehman Brothers dépose le bilan, le leader de l'assurance AIG est repris par le gouvernement américain, et l'une des icônes de Wall Street, Merrill Lynch, est absorbée par Bank of America. Pour éviter des faillites en cascade, l'Etat américain injecte des centaines de milliards de dollars dans divers établissements financiers.

L'onde de choc qui en a découlé a fait plonger les marchés mondiaux. Les Etats-Unis ont plongé dans la récession. Des millions d'Américains ont perdu leur logement.

Les banques, américaines mais aussi européennes, qui s'étaient engagées sur ce marché vacillent. La confiance est entamée dans l'ensemble du monde et les établissements financiers restreignent l'accès au crédit, freinant brusquement la consommation des ménage et les investissements des entreprises.

En Belgique, cette crise fait vaciller les trois grandes institutions du pays: Fortis, Dexia et KBC. ING, aux Pays-Bas, est également touchée. 

A la crise bancaire et financière succède une crise économique, la pire depuis la Grande Dépression de 1929. 

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