La restructuration d'ING n'a pas d'effet sur son business

©Dieter Telemans

Commercialement, ça tourne pour la banque ING Belgique, qui ne souffre pas (du tout) de la restructuration monstre déclenchée il y a dix mois.

Même pas mal! Ce jeudi, en commentant les résultats financiers d’ING Belgique après six mois, Erik Van Den Eynden parlait de "satisfaction" et les chiffres lui donnent raison.

La banque a eu beau lancer une restructuration monstre en octobre dernier, synonyme de 3.150 emplois supprimés (un job sur trois), déclenchant un tollé rarement observé, les finances de la maison donnent à croire qu’il ne s’est rien passé.

La banque belge, filiale du groupe néerlandais qui a publié ses chiffres la veille mercredi, doit bien composer avec le tassement des revenus d’intérêt: -0,7% au 1er semestre 2017, par comparaison à la même période de 2016. Sur le seul 2e trimestre, la baisse est même de 4,5%. C’est là une tendance générale dans le secteur: la faiblesse persistante des taux d’intérêt met la marge sous pression. Elle est, par exemple, de 1,51% chez ING à l’échelle du groupe.

Chez ING Belgique, la hausse de l’activité de crédits (+ 7% au 1er semestre, sur un an, à 94,7 milliards d’euros) n’a pas permis de compenser totalement la faiblesse des taux. Par contre, les revenus de commissions et ceux tirés de marchés financiers sont en progression (de 7,6% et de 26% respectivement), ce qui explique que, globalement, les rentrées restent à la hausse chez ING Belgique (+ 2,7%) au premier semestre.

On notera tout de même que les dépôts confiés par la clientèle ont à peine progressé d’une année sur l’autre, à 98 milliards d’euros. "Oui, ils ont baissé de près de 5% du côté des entreprises parce que nous gérons activement les dépôts ‘wholesale’, mais ils ont augmenté de 3% chez les particuliers, ce qui est bon pour notre funding et notre liquidité", situe Erik Van Den Eynden.

Coûts en hausse

Par contre, les coûts de la maison ont nettement grimpé (+ 200 millions d’euros ou + 24%) au premier semestre. Deux grandes explications: primo, un litige déclenché par un particulier au Luxembourg (la filiale grand-ducale est reprise dans les comptes d’ING Belgique) a entraîné une grosse provision; deuzio, la banque a commencé à amplifier ses investissements dans sa transformation numérique.

Elle veut mettre le paquet sur le digital et cofinance avec ING Nederland sa migration sur une plateforme IT commune aux deux pays. Cela commence à se voir dans les chiffres même si la banque ne veut pas préciser les montants à charge de la Belgique. On se contentera du budget global déjà annoncé, soit 800 millions d’euros pour les deux pays d’ici 2021.

Ce sont ces coûts accrus qui expliquent la baisse de 27% du bénéfice semestriel net à 297 millions d’euros.

Mais, commercialement, on ne peut pas dire qu’ING souffre du tsunami social que la maison a déclenché il y a dix mois. "Depuis octobre, les clients ne nous ont pas tourné le dos, au contraire, on est bien dans le jeu, affirme Erik Van Den Eynden. Il faut être honnête, cela tient aussi au fait que l’économie belge se porte bien et que les gens investissent mais on fait ce que l’on doit faire. Le magasin est ouvert et les clients y entrent comme avant."

Été intense

Voilà pour les finances. En interne, l’été n’est pas du tout relax puisque c’est depuis juin que se déroulent les entretiens d’évaluation que doit passer une première vague de 2.000 employés actifs dans des départements touchés par la restructuration. Puisque l’organisation est revue de fond en comble, que beaucoup de fonctions disparaissent alors que d’autres se créent, ils doivent postuler pour un nouveau job. Ils sauront fin septembre s’ils sont retenus (ce sera le cas pour 1.800 d’entre eux) ou pas.

C’est aussi fin septembre que les 1.500 employés de 55 ans et plus, auxquels la banque propose un départ anticipé, doivent se décider. Les mois qui viennent vont encore être très intenses chez ING.

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