Le tabou du dimanche va-t-il sauter dans les banques?

©Dieter Telemans

Le travail le dimanche est à l’agenda d’une réunion programmée fin mars entre syndicats et employeurs et consacrée à la flexibilité. Plusieurs grandes banques ont déjà tenté en interne de négocier sur le sujet, sans résultat jusqu’ici.

Travailler le dimanche, ce n’est pas le propre du secteur bancaire. S’il y a bien un business qui ne tourne pas ce jour-là, c’est bien celui de la banque. Cela pourrait changer à l’avenir, alors que les banques injectent ou cherchent à injecter plus de flexibilité dans leur organisation. Une réunion entre partenaires est en effet programmée entre partenaires sociaux dans quelques jours, le 24 mars, sur le thème de la flexibilité et notamment du travail le dimanche, a appris L’Echo.

La rencontre mettra en présence des représentants des syndicats, des quatre grandes banques et de Febelfin, la fédération sectorielle. Il ne s’agit pas d’une réunion de négociation dans le cadre de la commission paritaire sectorielle (CP 310) mais d’une rencontre informelle, organisée à la demande de représentants syndicaux, insiste-t-on du côté des employeurs.

C’est surtout pour leurs contact centers, ces agences à distance, que des banques songent au travail le dimanche.

Certains, parmi les syndicats, ont voulu porter la question au niveau supérieur. "Nous ne sommes pas demandeurs d’organiser le travail le dimanche, nous indique un responsable syndical, mais nous avons vu le sujet passer dans les négociations en interne et, plutôt que d’assister à une surenchère entre banques, nous voulons mettre le sujet sur la table au niveau sectoriel."

Des tentatives çà et là

De fait, plusieurs banques ont déjà abordé la thématique en interne d’une manière ou d’une autre. Chez BNP Paribas Fortis, on a un moment envisagé d’ouvrir ses "flagships", ces super-agences situées sur des lieux de grand passage (il y en a deux à ce stade, un à Gand et un autre Porte de Namur à Bruxelles) de 14h à 18h le dimanche, c’est-à-dire à l’heure du shopping. L’idée n’a finalement pas été reprise dans l’accord social trouvé récemment.

Chez ING Belgique, le dimanche a également fait son apparition dans les négociations fleuves du moment. Après avoir traité des départs anticipés (ramenés à maximum 890, avec l’objectif de tendre vers 400) puis de la flexibilité horaire en semaine, la direction est venue, nous dit-on, avec un projet de travail dominical pour le contact center que la maison veut développer comme une super-agence à distance.

ING va en effet ramener en interne l’actuel ING Contact Center et ses quelque 250 collaborateurs pour lui donner une mission commerciale plus large et plus poussée. La question du dimanche a été renvoyée vers le secteur. La banque ne commente pas.

Quant à KBC, elle avait déjà manifesté dès 2015 son intention de faire tourner le dimanche ses centres-conseil régionaux, baptisés KBC Live, qui conseillent et vendent par téléphone ou vidéo-chat. Le point était sur la table des négociations sociales qui ont abouti à un élargissement des horaires, de 8 à 22h en semaine et de 9 à 17h le samedi. Mais rien sur le dimanche. On reste fermé.

Tabou

Le tabou du dimanche sautera-t-il un jour dans les banques? Les développements digitaux poussent en ce sens puisqu’ils font sauter les limites du temps: le client a pris l’habitude de se connecter quand il veut à sa banque, à toute heure du jour et de la nuit, en semaine comme en week-end.

Pour autant, le banquier doit-il se rendre lui aussi disponible à tout moment parce que le client a envie qu’on lui fasse sans tarder une simulation pour un emprunt hypothécaire? Dans les états majors bancaires, certains considèrent que c’est le sens de l’histoire.

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