"Les employés d'ING se sont reposés sur leurs lauriers"

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Le directeur des ressources humaines du groupe d'ING n'y va pas avec le dos de la cuillère: des salariés se reposant sur leurs lauriers; des salariés ne prenant pas leur carrière en main. Et les travailleurs belges ne sont pas mieux considérés.

Une part importante des 52.000 collaborateurs d'ING est devenue trop dépendante de la banque en raison de conditions de travail royales, de primes de départ élevées et du système de licenciement rigide dans des pays comme la Belgique et les Pays-Bas, a affirmé le directeur mondial du personnel, Hein Knaapen, au cours d'un entretien accordé au quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad.

"Un bon salaire est intéressant pour attirer les gens, pour les faire rester, et intéressant pour partir. Payer ses salariés au-delà du niveau du marché est donc mortel. Si vous avez 55 ans et gagnez plus de 20% ce que gagne le marché, eh bien félicitations, vous avez un problème: vous êtes tout simplement dépendant. Le pire qui puisse arriver à un employeur est de voir ses salariés devenir dépendants. Et souvent on parle dans ce cas de loyauté", explique le directeur du personnel.

Selon ce dernier, les employés d'ING se sont reposés sur leurs lauriers ces dernières années et ont désormais besoin de reprendre leur carrière en main.

Le personnel d'ING n'a pas apprécié ces propos. "Le personnel est dégoûté et se demande sur quelle planète vit cet homme. Les travailleurs ressentent cela comme un deuxième coup de massue après l'annonce de la restructuration", déclare Maarten Dedeyne, du syndicat libéral.

Le groupe bancaire néerlandais a récemment annoncé une restructuration qui conduira à la suppression de quelque 7.000 emplois, dont 3.500 en Belgique. "En termes de banques et de sécurité sociale, les Belges sont encore plus conservateurs que les Néerlandais et je comprends qu'ils ne soient pas contents", a encore estimé Hein Knaapen en regrettant que le marché du travail soit tellement figé.

"En Belgique comme aux Pays-Bas, les contrats fixes sont de plus en plus protégés. Et finalement, on obtient le contraire de ce que l'on voulait. Les jeunes et les minorités sont de moins en moins engagés car il faut d'abord essayer, dans le système actuel, de se débarrasser de quelqu'un."

Cette interview n'est pas restée sans réaction du côté des salariés belges, alors que, dans les couloirs de l'entreprise, les employés sont à la recherche d'arguments pour se motiver.  Dans le chef des syndicats, on affirme que l'article sera sans conteste lundi sur la table du conseil d'entreprise prévu."Le CEO belge va une fois de plus devoir s'excuser", ironisent-ils.

En Belgique, ING se refuse à tout commentaire sur les propos d'Hein Knaapen. Aux Pays-Bas, le porte-parole tempère: "L'interview portait davantage sur la culture d'entreprise de manière générale. Il ne s'agit pas de remarques particulières par rapport à la situation dans l'un ou l'autre pays". Hein Knaapen affirme en effet avoir pour objectif que les salariés — qui ont en moyenne 17 ans d'ancienneté chez ING — soient, à l'échelle de l'entreprise,jugés d'une autre façon.

Nouvelle rencontre

C'est donc dans cette ambiance que syndicats et direction belge se retrouveront lundi. Au cours de ce conseil, les représentants du personnel entendent enfin avoir des informations concrètes de la direction. "Jusqu'à présent, il y a eu beaucoup de réunions, mais peu de contenu par rapport à nos demandes mais également à la procédure sur la loi Renault. Nous n'avons toujours pas de photographie de l'entreprise après restructuration. Nous n'avons pas plus d'explications, comme le veut la loi, sur les critères de sélection utilisés par la direction pour ses réductions d'emplois département par département".

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