"Oui" majoritaire du personnel au plan de restructuration d'ING Belgique

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Le "oui" au plan de restructuration s’annonce majoritaire au sein du personnel d’ING Belgique. Au SETCa-BBTK, les affiliés l’ont ainsi approuvé à plus de 75%, a appris L’Echo.

Le "oui" semble l’emporter au sein du personnel, invité par les syndicats à se prononcer sur le fruit des négociations sociales menées depuis octobre chez ING Belgique. Au SETCa-BBTK, plus de 75% des affiliés ont voté en faveur du plan de restructuration, a appris L’Echo. Ailleurs aussi, le "oui" semble l’avoir emporté.

Les différentes instances syndicales se réunissent ce mardi pour prendre leur décision finale à la lumière des retours venus de leurs affiliés (tous les syndicats ne proposaient pas un vote au sens strict). Syndicats et direction pourraient signer dès ce mercredi les conventions collectives portant sur trois volets négociés: le plan social, la flexibilité et le nouveau modèle salarial.

Il est possible que la signature des textes définitifs portant ce dernier volet salarial prenne un peu plus de temps, auquel cas les partenaires sociaux signeront les conventions collectives sur les départs et la flexibilité ainsi qu’un accord de principe sur le volet salarial.

31 mars 2017
Un conseil d’entreprise extraordinaire est programmé ce vendredi 31 mars, pour clôturer la phase d’information et de consultation voulue par la loi Renault encadrant les licenciements collectifs.

Six mois de négociations

Jeudi, la banque réunit son conseil d’administration, qui se penchera donc sur le fruit de près de six mois de négociations. Le lendemain, vendredi, un conseil d’entreprise extraordinaire est programmé, pour clôturer la phase d’information et de consultation voulue par la loi Renault qui encadre les licenciements collectifs.

Commencera alors une phase, sans doute longue, pendant laquelle seront concrétisés ces départs, au cas par cas. Autant dire que la banque va vivre encore un long moment au rythme de sa restructuration.

Pour rappel, c’est le 3 octobre qu’ING Belgique a déclenché un véritable tsunami en annonçant sa volonté de supprimer 3.150 emplois (soit un job sur trois) d’ici 2021, dont 1.700 licenciements secs. Après négociations, la banque s’est engagée à ne pas dépasser 932 licenciements secs avec l’objectif de tendre vers 409. Pour réduire la casse sociale, une série de mesures ont été prévues, dont la principale est un plan de départs anticipés accessible à tout qui est né en 1962 ou avant, avec 10 ans d’ancienneté.

La banque leur propose de rester chez eux tout en percevant une allocation mensuelle entre 60 et 80% du salaire (selon le niveau de rémunération) jusqu’à l’âge de leur pensions légale, allocation payée par la banque et non pas par la Sécurité sociale.

D’autres formules sont proposées: départ volontaire "pour lancer sa propre activité" (avec indemnité de 4 mois de salaire brut et sessions de coaching), départ volontaire tout court (avec indemnité de 1 à 10 mois de rémunération selon l’ancienneté), etc.

C’est le succès de l’ensemble de ces formules qui, in fine, déterminera le nombre de licenciements. Pour les personnes licenciées, s’ajoute à l’indemnité légale une prime d’ancienneté: 13.000 euros pour 10 à 15 ans d’ancienneté, 19.500 euros pour 15 à 20 ans, 26.000 euros brut pour 20 à 25 ans, 32.500 euros pour 25 à 30 ans, etc.

En matière de flexibilité, les horaires vont s’élargir de manière assez significative à de nombreux niveaux de la banque. Les agences passent à 9-18h (avec une tardive le jeudi: 10-19h) et 9-13h le samedi. Les conseillers clients (environ 675 équivalents temps plein) placeront quant à eux leurs rendez-vous entre 8 et 20h (plus le samedi 9-13h).

Les "customer loyalty teams", sorte de méga centre de contact traitant à distance avec les clients et qui regroupera quelque 1.300 équivalents temps plein, tourneront de 8 à 22h et le samedi de 9 à 17h. Pour le "business credit center" (support aux clients professionnels) ce sera 8-20h en semaine et 9-13h le samedi. Les heures prestées après 18h et le samedi seront payées à 140%.

Durée de travail variable

Pour les autres fonctions, la durée de travail sera de 37h par semaine en moyenne sur le mois, moyennant respect des accords d’équipe. La durée de travail journalière et hebdomadaire pourra donc varier.

Enfin, les négociations ont accouché d’un nouveau package salarial pour ceux qui restent. Le salaire mensuel comportera à partir de 2018 une part flexible (à laquelle sera intégré le 13e mois mensualisé). Ce "flexible reward plan" pourra être utilisé pour une voiture de leasing, un smartphone/tablette ou de l’épargne pension individuelle (3e pilier).

Désormais, la banque paiera aussi en fin de mois et non plus anticipativement, de quoi épargner de nombreuses et coûteuses rectifications a posteriori. Il est également question d’abandonner les barèmes maison pour passer à ceux du secteur, moins favorables, non sans avoir prévu une période de transition de 15 ans pour les collaborateurs actuels.

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