Un nouveau remaniement à la tête d'ING inquiète les syndicats

Les syndicats se font déjà du souci depuis un certain temps chez ING Belgique. Et l'arrivée d'un "outsider" comme patron du réseau d'agences attise encore leurs craintes. ©Photo News

ING Belgique place un nouveau patron, parachuté des Pays-Bas, à la tête de son réseau d’agences. Ce qui fait craindre aux syndicats une nouvelle restructuration.

Plus de deux mois après l’annonce du départ du patron d’ING Belgique, la quatrième banque du pays remanie à nouveau sa direction.

Philippe Wallez, qui a dirigé pendant quatre ans la branche retail et private banking du groupe, ne dirige plus depuis début septembre que le département business banking, dédié aux services financiers aux PME et indépendants. Et le réseau d’agences d’ING Belgique est placé désormais sous la houlette d’un Néerlandais d’origine macédonienne, Sali Salieski (38 ans), qui parle néerlandais mais pas français. Avant son arrivée en Belgique, il conduisait au sein de la maison mère néerlandaise la transformation technologique de la banque.

Vieilles connaissances

Ces changements dans le management étaient en préparation depuis un certain temps, laisse entendre ING. "Les activités de business banking étaient déjà sous la responsabilité de Philippe Wallez, avec celles du retail et du private banking. Ces fonctions sont donc à présent scindées. Philippe Wallez pourra ainsi se consacrer entièrement au business banking et Sali Salieski au retail. Philippe Wallez reste par ailleurs membre du comité de direction de la banque, où Sali Salieski fait son entrée" explicite une porte-parole.

Le nouveau patron de la banque de détail retrouvera de vieilles connaissances en Belgique. Il avait déjà travaillé avec l’actuel directeur opérationnel, Frank Stockx, et Hans De Munck, qui deviendra à la fin septembre le CEO ad interim d’ING Belgique après le départ d’Erik Van Den Eynden.

Les explications de la banque ne satisfont guère les syndicats. Ils craignent une nouvelle réorganisation en profondeur.

Ces explications ne satisfont guère les syndicats, chez ING Belgique. Ils craignent depuis quelque temps une nouvelle réorganisation en profondeur des activités du groupe dans notre pays. Il y a quatre ans, le géant financier a déjà lancé une restructuration drastique en Belgique qui conduira, à l’horizon 2021, à la suppression d’un emploi sur trois et à la division par deux de son réseau d’agences.

Les syndicats craignent que le groupe veuille aller plus loin, au vu de la faiblesse persistante des taux d’intérêt, de l’accélération de la numérisation et de l’absence de progrès dans l’intégration des plateformes informatiques belge et néerlandaise. Selon eux, l’arrivée en 2019 de Pinar Abay pour diriger les activités belges et néerlandaises du groupe n’annonçait rien de bon. Ce dernier avait déjà mené en effet une profonde restructuration des activités d’ING dans son pays, la Turquie. Et le fait que le nouveau venu Sali Salieski est également membre du conseil d’administration d’ING Turquie rend les syndicats d’autant plus méfiants.

597
agences
Au début de la crise du coronavirus, ING Belgique avait décidé de fermer la moitié de ses 597 agences pour des raisons de sécurité. A ce jour, un quart des agences fermées n'ont pas rouvert. Une source syndicale craint leur fermeture définitive.

Leurs inquiétudes portent surtout sur le réseau d’agences. Au début de la crise du coronavirus, ING Belgique avait décidé de fermer la moitié de ses 597 agences pour des raisons de sécurité. Or, à ce jour, un quart des agences fermées n’ont toujours pas rouvert. "On peut craindre que ces agences resteront fermées définitivement", remarque une source syndicale. "La situation n’a guère bougé ces derniers mois parce que la banque a dû gérer le choc du coronavirus", observe un autre syndicaliste. "Mais nous nous attendons à un automne chaud. Il se pourrait cependant que la tempête n’éclate vraiment qu’en novembre, après les élections sociales."

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