analyse

Une IPO de Belfius "au plus tôt mi-octobre"

Charles Michel, Alexander De Croo et Johan van Overtveldt. ©BELGA

Après l'accord de gouvernement pour une mise en Bourse de 30% de Belfius, quelles sont les grandes questions encore en suspens?

Le gouvernement fédéral a confirmé ce mardi la mise en Bourse d'"environ 30%" du capital de la banque Belfius, un projet qu'il a toujours entretenu mais qui butait jusqu'ici sur un dossier connexe, à savoir l'indemnisation (partielle) des coopérateurs Arco promise par le gouvernement précédent déjà. On parle de ce second point ci-dessous mais d'abord: Belfius. 

Pour tout savoir sur l'accord budgétaire conclu par le Fédéral ce mardi 24 juillet, lisez:

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Notre live de la journée avec toutes les réactions: 

Nos analyses: 

Quand aura lieu l'IPO?

"Aujourd'hui, nous prenons la décision de préparer l'IPO", situe le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA). "La décision définitive sera prise par le gouvernement ultérieurement", enchaîne-t-il aussitôt. 

OK mais quand? "Ce sera au plus tôt dans la deuxième moitié du mois d'octobre", indique le ministre des Finances. S'il se garde d'être plus précis, c'est que tout dépendra fondamentalement de la santé des marchés financiers. Pour donner le "go" définitif, il faudra qu'une fenêtre soit bel et bien ouverte.

Le timing précis de l'IPO "sera décidé par le gouvernement et par lui seul" précise Johan Van Overtveldt. Normal, l'Etat est l'unique propriétaire de la banque mais cette précision est aussi un signal au management de Belfius que le politique gardera la main jusqu'au bout. La banque prépare et le gouvernement pousse sur le bouton: chacun son job.

Que valent 30% de Belfius?

Au dernier décompte officiel (fin 2016), les fonds propres de Belfius pointaient à 9,5 milliards d'euros. La banque est aujourd'hui valorisée entre 7 à 9 milliards d'euros, ce qui situe la valeur de 30% à minimum 2,1  milliards d'euros. Mais ça, c'est la théorie: le prix réel sera ce qu'en donnera effectivement le marché au moment de (pré)souscrire. 

Le but, en tout cas, est de vendre au meilleur prix ces 30% et d'en tirer au passage "une plus-value importante" insiste le vice-Premier Didier Reynders (MR). De fait: l'Etat belge n'a pas pris tous les risques fin 2011 en rachetant 4 milliards d'euros une Dexia Banque Belgique dont personne ne voulait pour brader la belle machine qu'est devenue Belfius depuis lors.

Quand les coopérateurs d'Arco toucheront-ils une indemnité?

Pas avant l'IPO de Belfius. L'enveloppe de 600 millions d'euros prévue pour financer l'indemnisation promise aux coopérateurs d'Arco sera en effet constituée aux deux tiers par un dividende exceptionnel pré-IPO que Belfius versera à son propriétaire l'Etat juste avant l'entrée en Bourse. Autrement dit: sans IPO, pas d'indemnisation.

Les 600 millions d'euros proviendront pour 124 millions de la liquidation d'Arco, pour 50 millions d'un geste commercial de Belfius et le solde (426 millions) de ce dividende exceptionnel.

Pour rappel, le groupe coopératif Arco, issu du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), était l'un des principaux actionnaires de Dexia et a sombré en 2011, en même temps que celui-ci. Près de 800.000 coopérateurs, en grande majorité flamands, ont pris des parts Arco, qui ne valent plus rien aujourd'hui. Or, le gouvernement fédéral (celui-ci comme le précédent) s'est engagé sur une solution permettant aux coopérateurs de récupérer une partie de leur mise. Les 600 millions d'euros correspondent à 40% du montant investi.

Que dit l'Europe de ce deal Arco?

Après avoir pris avis juridique, le gouvernement fédéral a modifié un point dans le deal: l'indemnisation (qui sera gérée par Belfius) n'ira qu'aux particuliers, pas aux personnes morales. Selon le Premier ministre, Charles Michel, cette option permet d'échapper aux reproches de la Commission européenne, laquelle avait recalé une première mouture du projet en y voyant une aide d'Etat. 

"Nous informerons l'Europe de cet accord, un feu vert préalable n'est pas nécessaire", abonde le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V), dont le parti exigeait une solution pour Arco avant de dire OK à une mise en Bourse de Belfius. 

Qu'en dit la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager ? "Nous sommes en contact avec le gouvernement belge et nous examinerons l'accord dans les semaines et les mois à venir", réagit la Danoise, afin de déterminer s'il est compatible avec la législation européenne en matière d'aides publiques. 

©BELGA

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