interview

24,5 millions de passagers à Brussels Airport en 2017

©BELGA

L’aéroport national va battre son record de 2015, année où il avait accueilli 23,5 millions de passagers. Son patron plaide pour la fin des amendes pour les vols cargo de jour.

Même s’il est légèrement handicapé par un rhume qui lui chatouille un peu la gorge, c’est un patron satisfait des performances de son entreprise qui est l’invité de l’émission Big Boss dimanche à 14h sur BX1 et sur lecho.be. Arnaud Feist, CEO de Brussels Airport company (BAC), gestionnaire de l’aéroport national, dévoile les premiers chiffres de 2017 et n’en est pas peu fier. "2017 va être une année record après celui de 2015. On devrait clôturer cette année avec 24 à 24,5 millions de passagers. Après les attentats du 22 mars 2016 et l’impact qui en a découlé, on peut dire aujourd’hui que la croissance est de retour", se réjouit Arnaud Feist.

Par rapport à 2015 (23,5 millions de passagers) et à 2016, année au cours de laquelle Brussels Airport a enregistré une baisse de 7% du trafic passagers à 21,8 millions de voyageurs ayant foulé son tarmac, l’aéroport national va donc enregistrer un gain de près de 3 millions de voyageurs supplémentaires. La croissance est portée par l’ouverture de nouvelles liaisons en Europe (Salzbourg, Comiso, Araxos, Volos, etc.) et vers d’autres cieux (Shanghai, Mumbai, Atlanta, Fez, Ankara, etc.). L’activité cargo devrait aussi afficher un bon bilan malgré les premiers mois difficiles. Sur ce segment, le retour de certaines compagnies aériennes (Singapore Airlines, Air Cargo Global, Emirates SkyCargo) de Schiphol vers Brussels Airport aura été bénéfique. Brussels Airport va franchir la barre des 500.000 tonnes en 2017 (494.637 tonnes en 2016). Mais Arnaud Feist ne se réjouit pas trop, car il redoute que ce transfert de trafic fret ne soit précaire. "C’est parce qu’il y a un problème de capacité à Schiphol que ces compagnies reviennent chez nous. Il suffit que l’aéroport hollandais retrouve des slots pour qu’elles repartent car le problème des amendes pour non-respect des normes de bruit bruxelloises n’est pas réglé."

Arnaud Feist - Brussels Airport

Supprimer les amendes de jour

"Nous sommes prêts à analyser le dossier des vols de nuit dans le cadre d’une solution globale."
arnaud feist
ceo de brussels airport company

Arnaud Feist estime qu’il faut dissocier la question des vols cargo de jour de la problématique des vols de nuit. Il plaide pour la fin des amendes pour les vols cargo diurnes. "Nous sommes prêts à analyser la situation des vols de nuit dans le cadre d’une solution globale. Ce n’est pas la voie judiciaire qui réglera ce problème. Nous ne sommes pas des dogmatiques. Il n’y a pas une antinomie entre le développement de l’aéroport et le bien-être des riverains", martèle-t-il. Il rappelle qu’en 2000 l’aéroport national accueillait encore quelque 325.000 vols alors qu’aujourd’hui il y a environ 240.000 vols. De plus, rappelle-t-il, les avions sont moins bruyants aujourd’hui. Il continue à fustiger la décision du gouvernement bruxellois, qui a supprimé les seuils de tolérance dans le cadre du survol de la capitale par les avions depuis Brussels Airport. Depuis 2000, les compagnies pouvaient dépasser les normes régionales de bruit de 9 décibels le jour et 6 décibels la nuit, sans payer d’amendes. Désormais c’est tolérance zéro.

Le patron de la société de gestion de l’aéroport national ne voit pas la mise en place de la solution globale de sitôt et il regrette la situation. "On espérait que la solution allait tomber début 2017, mais rien ne s’est passé. Aujourd’hui, le calendrier électoral n’arrange pas les choses. On est à un an des élections communales (2018) et à deux ans des élections régionales et fédérales (2019). Il ne sera pas évident de sortir des mesures dans ces circonstances. Ce dossier doit être la priorité pour les années à venir", analyse Arnaud Feist.

Il ne voit donc pas d’éclaircie dans le dossier du survol de Bruxelles avant 2019 et se demande s’il n’y a pas un manque de volonté d’avancer. Il balaie d’un revers de la main les critiques concernant la composition de la plateforme de dialogue Forum 2040. Son objet est de rassembler les parties concernées par la Vision Stratégique 2040 de Brussels Airport pour parler de l’avenir de l’aéroport. "Ces critiques sont injustifiées. Tous les riverains des différentes zones y sont représentés et les membres ont été choisis par un jury indépendant. Les discussions y sont animées mais on a le mérite d’ouvrir le dialogue", défend-il.

"Il y a entre 400 et 450 emplois vacants à Brussels Airport."

Il rappelle que le statu quo crée une instabilité juridique qui handicape le développement. Or, Brussels Airport réalise des investissements et a des projets (plan 2017-2021 doté d’un budget d’investissement d’un milliard). "Nous investissons 100 millions dans un nouveau scanning des bagages d’ici 2021 et des aménagements sont en cours de réalisation pour accueillir l’A380 en 2018 et un nouveau parking de 1.000 places va être construit", précise-t-il.

Pas de terminal low cost

Un nouveau bâtiment logistique devrait voir le jour à Brucargo et même si de nouvelles compagnies ne sont pas attendues l’année prochaine à Zaventem, l’aéroport n’exclut pas l’arrivée de nouveaux transporteurs aériens en 2019-2020. Des discussions sont en cours à cet effet. Arnaud Feist confirme que le projet d’un terminal dédicacé aux compagnies low cost est définitivement enterré. D’ailleurs, celles-ci s’adaptent et n’ont pas émis de demandes dans ce sens. Il rappelle le poids économique de l’aéroport qui, d’après lui, représente environ 21.000 emplois directs et près de 40.000 indirects. "On continue à développer l’activité et il y a entre 400 et 450 emplois vacants (commerciaux, ingénieurs, manutentionnaires, etc.)", conclut Arnaud Feist.

Arnaud Feist ©Photo News

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