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Quand les développeurs immobiliers quittent le navire Belgique

©atenor

L’hémorragie ne date pas d’aujourd’hui. Stéphan Sonneville, le CEO d'Atenor, tire la sonnette d'alarme. Il est l'invité de Big Boss, ce dimanche à 14h sur BX1 et sur lecho.be.

Des bureaux d’architectes de renom transfrontalier ont joué les éclaireurs, comme Jaspers-Eyers, Art&Build, Assar ou JDS. Tantôt sur notre seuil, en France, au Luxembourg ou aux Pays-Bas. Tantôt bien plus loin, à Budapest, Bucarest, Mexico, Tokyo ou Shanghai. Puis les incertitudes politiques, administratives et juridiques ont progressivement plombé l’ambiance. La crise a ensuite forcé le trait, renforçant la concurrence entre les villes européennes et les acteurs internationaux toujours plus puissants.

"Même l’épicentre bruxellois dédié à l’Europe est un marché risqué."
Stéphan Sonneville
CEO d’Atenor

Aujourd’hui, les promoteurs d’origine belge les plus téméraires, comme Codic, Pylos, Burco, Buelens, Ghelamco, Immobel ou Atenor ont fait le pas – avec succès ou en se cassant parfois les dents par endroits. D’autres sont en passe de sortir de leur bac à sable historique, preuve vécue à l’appui que la brique y est plus dorée ou plus prévisible.

Depuis des années déjà, le patron de Codic International, Thierry Behiels, rayonne depuis Paris. Interparking est présent dans une trentaine de pays. La meilleure opération immobilière d’Immobel se trouve pour l’instant à Luxembourg. Pour Ghelamco, qui bute sur l’Eurostadium au Heysel et risque bien d’y boire le bouillon, le ciel de Varsovie n’a plus de limites. Et même pour Equilis (Groupe Mestdagh), les futurs grands projets commerciaux et résidentiels ont pour cible Barcelone ou les contreforts du sud de la France. Son méga projet bruxellois, Docks Bruxsel, a des ratés au démarrage, qui retardent se revente et la prise de bénéfice escomptée. Avant lui, c’est Wilhelm & Co qui a ferré avec les banques durant plusieurs années pour revendre à un prix de marché la Médiacité liégeoise.

Manque d'ambition et de vision

Aujourd’hui, c’est Stéphan Sonneville qui tire une fois encore la sonnette d’alarme à l’attention des décideurs politiques fédéraux et régionaux, arguant du manque d’ambition et de vision pour la capitale. "Regardez ce que nous avons investi en ciblant tantôt le canal, tantôt la rue de la Loi voici plus de dix ans déjà. Même cet épicentre bruxellois dédié à l’Europe est un marché risqué pour les professionnels qui ont encore les moyens d’y avoir des ambitions, d’y prendre des positions audacieuses malgré le flou juridique et l’incertitude politique. Et que dire alors du projet Victor, en face de la plus grande gare du pays et interface ferroviaire de niveau européen, qui attend son permis depuis plus de 5 ans? Ce sont là des positions vraiment très chères au vu du risque encouru en termes de délai et de contraintes administratives", résume-t-il.

Avant d’ajouter: "Dans le même temps qu’on est bloqué avec ces investissements bruxellois coûteux à provisionner dans nos comptes année après année tant qu’ils n’ont pas été valorisés, on a pu acheter, développer, louer et quasi revendre notre complexe de bureaux Vaci Greens à Budapest. Quand on dirige une société cotée en Bourse comme la nôtre, ce genre de constat fait que le conseil d’administration lorgne plutôt ailleurs que chez nous pour localiser ses futurs projets… Et c’est pourtant à contrecœur car – et je l’ai prouvé suffisamment, je pense — j’aime profondément Bruxelles et je suis particulièrement concerné par ce que ma ville sera demain."

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