12 tuyaux pour investir dans les biotechs (I)

©H. Depasse/CUSL

Investir dans le secteur des valeurs de biotechnologie ne s'improvise pas. Il y a quelques notions de base indispensables à connaître pour éviter d'avoir la tête au fond de l'éprouvette. Voici 12 règles d'or concoctées par un spécialiste de KBC.

Euronext Bruxelles commence à se tailler une belle réputation en matière de sociétés de biotechnologie. Au point d’attirer des entreprises installées hors de nos frontières comme Curetis et plus récemment Acacia Pharma . Les derniers mois ont d’ailleurs été particulièrement propices à certaines de nos biotechs comme Ablynx et TiGenix qui font l’objet d’OPA ou pour Argenx qui a vu le cours de son action s’envoler de 360% en un an. Sans oublier l'ascension entamée par Mithra depuis quelques mois. 

Mais beaucoup d’investisseurs particuliers considèrent ce secteur, à tort ou à raison, comme trop compliqué à comprendre ou ressemblant davantage à un jeu de hasard qu’à un placement. De notre côté, nous avons déjà mis en garde nos lecteurs, à plusieurs reprises, sur les risques que représente ce segment très particulier. Rappelez-vous le cas de ThromboGenics qui après avoir accédé au Bel 20 a connu une véritable descente aux enfers.

L'action ThromboGenics depuis son introduction en Bourse. ©L'Echo

Pour accompagner ceux qui sont malgré tout tenté par cette expérience, KBC vient de publier son tour d’horizon annuel sur les biotechs belges. Il comprend également 12 règles d’or à lire avant de placer son premier ordre de bourse sur une telle valeur. Elles sont l’œuvre de Pieter Mahieu un spécialiste de KBC Asset Management. Voici les six premières. La suite sera publiée ce vendredi 11 mai.

Règle n°1 : Les animaux ne sont pas des humains

Avant qu’un candidat médicament puisse être testé sur des êtres humains, il l’est d’abord sur des animaux. Mais de bons résultats sur ceux-ci ne sont pas nécessairement des garanties de bon fonctionnement sur l’humain. Il ne faut donc pas trop tenir compte de ces modèles sauf peut-être en ce qui concerne les effets secondaires.

Règle n°2 : La phase I ne dit pas grand-chose

Dans les essais cliniques, les médicaments sont testés sur les humains au cours de plusieurs étapes : les phases I, II et III. Lors de la première phase, on tente de déterminer, auprès d’un petit nombre de volontaires sains, si le médicament n’est pas mortel ou si sa prise entraîne des effets secondaires. Au final, cette phase donne peu d’infos sur le médicament en lui-même.

Règle n°3 : La phase II est intéressante

Lors de cette phase, le médicament est testé sur un petit groupe de patients afin de déterminer la dose optimale. On examine également son fonctionnement et son efficacité. Des données positives peuvent doper le cours de l’action. Il ne faut toutefois pas surestimer cette phase en raison du nombre limité de malades testés.

En cas de succès, la phase III est lancée. Mais comme elle coûte très cher en raison du nombre de patients impliqués, le biotech peut chercher un partenaire. En échange, elle percevra un premier paiement pour les efforts fournis, puis des paiements d’étape en fonction de l’avancée du programme de développement et des royalties sur les éventuelles ventes futures.

Règle n°4 : La phase III est très risquée mais offre un fort potentiel de hausse

Au cours de cette phase, on teste la dose idéale d’un médicament sur une grande population de patients. On la compare avec un placebo et d’autres traitements standards. Seules les biotechs qui visent des maladies rares peuvent mener cette phase seules en raison du nombre moins élevé de malades à recruter. Mais elles prennent beaucoup de risques. En cas de succès elles peuvent dénicher un partenaire.

Règle n°5 : Diversifier est essentiel

Une biotech qui n’a qu’un seul produit en développement n’a pas de plan de secours si les choses évoluent mal. Il faut donc choisir des sociétés avec un pipeline étendu comprenant différents produits en phase I et II et éventuellement en phase III. Regardez également celles qui ont déjà noué différents partenariats.

Règle n°6 : Deux ans de cash dans les caisses

Les biotechs doivent s’assurer de disposer de liquidités nécessaires pour poursuivre leurs recherches et faire face aux dépenses générales. Deux années de réserve est une limite minimum. La recherche coûte beaucoup d’argent et, souvent, les biotechs ne disposent que de très peu de revenus, voire pas du tout.

 

->12 tuyaux pour investir dans les biotechs: suite et fin

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content