Biotech: le communiqué qui valait six milliards

©Nektar

Lundi a été un journée très particulière pour Nektar Therapeutics active dans l'immuno-oncologie. Elle a publié des résultats intermédiaires d'un essai clinique réalisé avec son partenaire, le géant Bristol-Meyers Squibb.

Un petit exercice pour tous les investisseurs friands de valeurs de biotechnologie. Lisez attentivement le communiqué que vous trouverez ici. Il concerne les résultats préliminaires d’un essai clinique en phase I/II combinant l’Opdivo, un médicament de Bristol-Meyers Squibb avec un traitement expérimental en immuno-oncologie développé par Nektar Therapeutics .

Alors, votre avis? Le ton est si parfaitement neutre que l’on a du mal à distinguer s’il s’agit de bonnes nouvelles ou de moins bonnes, n’est-ce pas ? Et pourtant ce communiqué a coûté six milliards de dollars de capitalisation boursière à Nektar. Six milliards partis en fumée en une seule séance. Soit une chute de 42% pour cette action reprise dans l’indice S&P 500.

Car, en réalité, l’essai clinique en cours s’est révélé particulièrement décevant pour les patients traités pour le mélanome et le cancer du rein alors que des données antérieures publiées l’automne dernier avaient dopé le titre, Nektar atteignant une capitalisation record de 15 milliards de dollars la semaine dernière.

C’est en février dernier, fort des premiers résultats encourageants du NKTR-214 utilisé en combinaison avec l’Opdivo de Bristol-Meyers Squibb que le géant pharmaceutique a conclu un accord de développement et de commercialisation avec la biotech visant neuf tumeurs.

Et il n’a pas lésiné sur les moyens en mettant 1,85 milliard de dollars sur la table. Un milliard en cash et le reste sous la forme d'achats d’actions Nektar. Un peu à l’image du "deal" conclu, fin 2015, entre Galapagos et Gilead . Quand il s’agit du cancer, on ne mégote pas sur les liasses de billets verts. Comme le précisait le Wall Street Journal les dépenses mondiales pour les médicaments et thérapies liées au cancer ont atteint 133 milliards de dollars en 2017 contre moins de 100 milliards en 2013.

Est-ce le début de la fin du parcours pour Nektar Therapeutics? Ou un simple revers sur le long chemin qui mène à la mise au point d’un traitement potentiel contre le cancer?

Les responsables de la biotech ont tenté de rassurer les investisseurs. "Vous devez le voir (ce résultat préliminaire) comme un instantané; c’est un moment dans le temps" a souligné le responsable scientifique de Nektar lors d’un congrès de la société américaine d’oncologie clinique qui se tient à Chicago. "Sur la base de nos données, nous sommes très confiants que, sur la longueur, les taux de réponse (au traitement) vont s’améliorer." Des essais de phase II et III sont en préparation.

"Le traitement agit comme il est supposé agir" a surenchéri un responsable des essais cliniques. "Mais vous ne pouvez conclure qu’il est meilleur avant de réaliser un essai randomisé" (en phase III comparé à un traitement existant ou à un placebo , Ndlr)"

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content