Exit ThromboGenics! C'est Oxurion qu'il faut tenir à l'oeil

©Emy Elleboog

Ancienne star des biotechs, ThromboGenics se mue en Oxurion. Pour tourner définitivement la page d'un passé difficile et mieux se focaliser sur son domaine d'expertise: les maladies du fond de l'œil.

ThromboGenics, c’est fini! La société de biotechnologie qui a connu son heure de gloire sur Euronext Bruxelles en intégrant le Bel 20 avant d'entamer une descente aux enfers a décidé de tourner le dos au passé. Et de se rebaptiser en Oxurion .

Le passé (et encore le présent, mais dans une moindre mesure), c’est le Jetrea, le produit phare de Thrombo qui devait lui assurer gloire et prospérité mais dont la commercialisation ne fut pas à la hauteur des espérances. Au premier semestre, les ventes de ce traitement de la traction et de l’adhérence vitréo-maculaire ont totalisé 3,8 millions d’euros. On est loin du blockbuster…

Deal avec Novartis

Il y a un an, Thrombo a soldé l’aventure Jetrea en reprenant les droits hors USA qui étaient détenus par Novartis. En échange, le géant suisse a versé 53,7 millions d’euros et a pris, en janvier dernier, une participation de 5,7% dans la biotech. Il côtoie désormais Lavinia Clay (4,1%), Thomas Clay (4,68%) et Philippe Vlerick (6,44%) dans le tour de table de la biotech qui pèse 264 millions d'euros en Bourse.

Aujourd'hui, le domaine d’expertise d’Oxurion se concentre sur des traitements pour les maladies qui affectent le fond de l’œil et plus particulièrement les complications du diabète qui touchent les yeux comme la rétinopathie diabétique et l’œdème maculaire diabétique.

Selon la Fédération internationale du diabète citée par l’ex-Thrombo, 400 millions d’adultes souffrent actuellement du diabète dans le monde. Un nombre qui devrait atteindre les 640 millions en 2040. Le marché total pour les médicaments traitant ces deux maladies oculaires s’élevait à 3,2 milliards de dollars l’an dernier et pourrait peser entre 4 et 5 milliards d’ici 2026.

THR-317

Le pipeline d'Oxurion. ©Oxurion

Le produit le plus avancé d’Oxurion est le THR-317 qui cible l’œdème maculaire diabétique. Il est entré récemment en phase II d'un essai clinique au cours duquel il est testé en combinaison avec le Lucentis de Novartis. Les premiers résultats de l’étude qui porte sur 70 patients sont attendus pour le troisième trimestre 2019.

En mai dernier, un premier patient a été recruté dans le cadre de l’essai clinique de phase I du THR-149 qui vise aussi l’œdème maculaire diabétique. Ici, les premières données tomberont à la mi-2019. Enfin, le THR-687, un traitement potentiel de la rétinopathie diabétique devrait entrer en phase clinique au cours de ce trimestre.

Des réserves bien garnies

Au niveau des ressources financières, Oxurion dispose d’un épais matelas de liquidité qui s’élevait à 101,4 millions d’euros fin juin 2018. A l’issue des six premiers mois, la société a enregistré une perte nette de 15,2 millions. Elle n’est donc pas aux abois pour financer les essais cliniques en cours.

"2019 sera une année importante pour Oxurion" écrivaient récemment Sandra Cauwenberghs et Lenny Van Steenhuyse de KBC Securities. "Nous disposerons de données de la phase II du THR-317 qui permettront d’examiner de quelle façon il se différencie cliniquement des médicaments déjà utilisés". Ils sont à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 6 euros. Même recommandation pour Degroof Petercam, l’autre broker qui suit la valeur. Le "target" est toutefois moins ambitieux à 3,80 euros.

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