"Fagron dispose d'un trésor de guerre de 250 millions"

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Selon Kepler Cheuvreux qui a entamé le suivi de Fagron, le spécialiste des préparations magistrales à destination des pharmacies, dispose d'un trésor de guerre de 250 millions d'euros pour procéder à des acquisitions. Le broker recommande un achat du titre.

Simple coïncidence ou volonté d’assurer une couverture plus large des valeurs belges, toujours est-il que Kepler Cheuvreux publie aujourd’hui une analyse détaillée de Fagron au lendemain d'une précédente consacrée à Mithra . Et dans les deux cas, c’est pour recommander un achat de l’action. Et, à chaque fois, le titre a bondi...

Pour certains investisseurs, Fagron n’a pas laissé que de bons souvenirs. La société spécialisée dans les préparations magistrales pour les pharmacies revient de loin. Elle a connu des heures très difficiles, il y a quelques années, en raison d’un endettement excessif accumulé suite à une frénésie d’acquisitions. Mais après l’injection de capitaux frais et l’entrée de nouveaux actionnaires de référence (Waterland et Marc Coucke) en 2015, elle est repartie du bon pied.

Objectif de cours de 17 euros

En Bourse, aussi, la valeur a retrouvé une nouvelle vitalité. Si sur trois ans, le bilan s’avère toujours amplement négatif (-61%), réduit aux douze dernier mois, il se révèle plus que satisfaisant avec un bond de 49%.

Et elle ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin si l’on en croit l’auteur de l’étude Matthias Maenhaut. "L’entreprise devrait continuer à cristalliser la valeur pour les actionnaires en accélérant la croissance organique et en consolidant davantage le marché fragmenté des préparations pharmaceutiques". L’analyste a fixé un objectif de cours de 17 euros, soit un potentiel de hausse de 13% par rapport au cours de clôture de mercredi. Il est le plus optimiste par rapport à ses trois confrères qui suivent également la valeur, tous étant à l’achat. Ce midi, le titre grimpait de 7,2% à 16,13 euros. 

Matthias Maenhaut avance quatre éléments-clés pour argumenter sa position vis-à-vis de Fagron.

Wichita et Humco

Deux points concernent les Etats-Unis. A Wichita, au Kansas, l’unité de production focalisée sur la stérilisation pour le secteur hospitalier a décroché les principales licences et a entamé la validation des produits. Or il se fait que son principal concurrent sur place, PharMEDium, a dû fermer momentanément son usine principale qui génère 50% de ses volumes. "C’est une fenêtre d’opportunité pour Fagron pour agrandir ses parts de marché" estime l’analyste qui partage les prévisions de la direction d’un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars dans les 2 à 4 ans pour cette activité. A titre de comparaison, Fagron a dégagé, l’an dernier, un chiffre d’affaires de 437 millions d’euros.

L’aquisition en avril dernier de la société américaine Humco pour un prix de base de 47,5 millions de dollars va, pour sa part, renforcer la présence de Fagron aux Etats-Unis et lui permettre de réaliser des synergies de coûts. Rappelons qu’Humco vend ses propres produits pharmaceutiques et des produits de marque non remboursés et cela dans 45.000 officines. "Nous voyons l’intégration d’Humco comme la force motrice qui permettra de ramener la marge des activités américaines au niveau de la moyenne du groupe" assure l’analyste.

Trésor de guerre et CEO

Avec sa plate-forme évolutive et un marché très fragmenté, Fagron est parfaitement positionné pour mettre en place sa stratégie d’acquisition ("buy-and-build"). C’est le troisième point. Maenhout rappelle que le groupe a déjà réalisé 26 rachats pour un total de 400 millions d’euros depuis son introduction en Bourse. Avec des conséquences qui ont failli être désastreuses (lire plus haut) aurais-je tendance à relativiser… Quoi qu’il en soit, Fagron dispose désormais d’un trésor de guerre estimé à 250 millions d’euros. "Nous estimons que cela peut ajouter de 2 à 5 euros par action en se basant sur des multiples de rachat de 5,5 à 8 fois l’Ebitda".

Enfin, depuis novembre dernier, la société est dirigée par un nouveau CEO, Rafael Padilla. Un homme de la maison qui est à la base du succès du groupe en Amérique du sud, un marché tiré par l’innovation.

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