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La spin-off de l'IRE à l'attaque du marché des produits radiopharmaceutiques

Le générateur conçu par IRE-ELiT. ©IRE

La jeune biotech IRE-ELiT, filiale de l’IRE, vient de franchir une étape clé dans la conquête du marché des produits radiopharmaceutiques. Le générateur qu’elle a créé à Fleurus a reçu les autorisations nécessaires pour être lancé. La pépite wallonne ne compte pas s’arrêter là et veut être présente demain tant dans le diagnostic que dans le traitement.

Tout le monde connaît l’IRE, l’Institut national des radioéléments. Cette pépite de notre pays est active depuis 1971 dans le domaine de la chimie nucléaire. Sa renommée est mondiale, notamment en ce qui concerne l’élaboration d’isotopes radioactifs. L’IRE détient d’ailleurs 25% du marché mondial des radio-isotopes utilisés pour la scintigraphie (soit l’imagerie médicale nucléaire).

Ce que le grand public sait beaucoup moins, c’est qu’il y a 8 ans, L’IRE a créé une spin-off, en l’occurrence IRE-ELiT, avec la participation de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI). Et cette dernière vient de franchir une étape fondamentale pour le développement de son activité. Le générateur sur lequel elle travaille depuis sa création a reçu, le 9 mai, l’acceptation nécessaire pour pouvoir être lancé sur le marché dans 13 pays européens dans les prochains jours.

Ce générateur, appelé Gallium-68, sert à fabriquer des produits radiopharmaceutiques avec une meilleure visualisation du fonctionnement de certains organes ou de certaines cellules. Il ouvre d’importantes perspectives dans le diagnostic des cancers neuroendocriniens et des formes récurrentes du cancer de la prostate. Et petit cocorico, ce générateur a été entièrement conçu et sera fabriqué à Fleurus. À l’heure actuelle, 200 personnes (160 personnes pour l’IRE, 40 pour IRE- ELiT) travaillent sur ce site qui se trouve au nord-est de Charleroi.

"Nous visons dans les trois ans 35% du marché mondial pour notre générateur Gallium-68."
michel baijot
Membre du ca IRE-ELIT

"Nous sommes fiers de pouvoir proposer sur le marché notre générateur. Ce produit radiopharmaceutique est promis à un grand avenir. Cette autorisation va accélérer la croissance d’IRE ELiT. Nous sommes ambitieux. Nous visons dans les trois ans 35% du marché mondial pour ce type de générateur. Mais attention, au niveau de l’Europe et des Etats-Unis, nous visons près de la moitié du marché", avance Michel Baijot, membre du conseil d’administration d’IRE-ELiT. A l’heure actuelle, il n’y a qu’un seul autre compétiteur sur ce marché: Eckert & Ziegler. On estime qu’il y a environ 1.000 générateurs dans les hôpitaux du monde entier. Le prix de vente d’une telle machine tourne aux alentours de 100.000 euros. "Le potentiel de ce marché est encore plus important car on peut estimer qu’il y aura encore une croissance de l’ordre de 10 à 15% chaque année dans les trois ans à venir", précise Erich Kollegger, CEO de l’IRE et d’IRE-ELiT.

Avenir rayonnant

La nouvelle pépite de Fleurus ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. La spin-off veut confirmer sa présence dans le secteur en s’alliant avec un vecteur froid ou autre cold kit. En effet, pour être injecté dans le corps, le Gallium-68 issu du générateur développé par IRE-ELIT doit être accompagné d’un vecteur froid. "Ainsi, nous posséderions les deux éléments nécessaires à la solution de diagnostic que nous proposons au monde médical", poursuit Michel Baijot. Il n’est donc pas exclu que d’ici la fin de l’année, IRE-ELiT annonce un partenariat ou un rachat d’une société qui produit des cold kits.

L’ambition ne manque pas du côté de Fleurus. À terme, IRE-ELiT souhaite aussi être présent dans le traitement thérapeutique via un autre radio-élément, qui pourrait être le Lutécium "Aujourd’hui, les diagnostics radiopharmaceutiques accompagnés de leur pendant thérapeutique ouvrent une nouvelle ère dans le domaine de la médecine personnalisée. C’est ce qu’on a dénommé le théranostique. Soit le bon marqueur diagnostic et le bon traitement pour le bon patient", expose Michel Baijot. Avec tous ces développements, l’emploi va donc grandir à Fleurus. Au point de devoir déménager? "Nous possédons encore assez de terrain là où nous sommes implantés", assure Erich Kollegger. Maintenant qu’une source de revenus est identifiée pour la spin-off, celle-ci va-t-elle chercher à lever des fonds? "L’actionnariat de la spin-off est détenu à 51% par l’IRE et à 49% par la SFPI. L’IRE étant elle-même une fondation d’utilité publique détenue à 100% par l’État fédéral. Nos actionnaires sont derrière nous", conclut le CEO.

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