Miracor Medical lève 25 millions et s'installe en terre liégeoise

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Miracor Medical quitte Vienne, attirée par l’écosystème biotech wallon. La medtech autrichienne a développé une technologie qui permet de traiter les patients ayant souffert d’un infarctus aigu. Elle procède à une levée de fonds de 25 millions d’euros à laquelle participent trois holdings publics belges.

Une start-up viennoise spécialisée dans la cardiologie interventionnelle a choisi la région liégeoise pour installer son nouveau siège social, appelé à devenir également son centre opérationnel et stratégique. Fondée en 2008 par le chirurgien cardiaque autrichien Werner Mohl avec l’aide de fonds de capital-risque, Miracor Medical a développé une technologie qui permet de traiter les patients ayant souffert d’un infarctus aigu, afin de restaurer une partie significative de leur fonction cardiaque.

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Elle est dirigée depuis un an et demi par un CEO belge, Olivier Delporte, un ingénieur commercial qui a fait une grande partie de sa carrière aux USA dans le secteur des start-ups de l’équipement médical. Le directeur financier, Bertrand Grimmonpré, est lui aussi belge.

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Le déménagement de la société viennoise — qui quitte donc définitivement la capitale autrichienne — en terre liégeoise s’accompagne d’un plan de développement de grande ampleur. Miracor procède en effet dans le même temps à une levée de fonds de 25 millions d’euros. Trois holdings publics belges ont participé à ce tour de table: la SFPI (le bras financier du Fédéral), la Société Régionale d’Investissement de Wallonie (SRIW) et Meusinvest.

S’y ajoutent les investisseurs existants Earlybird Venture Capital, Delta Partners, SHS, Biomed Invest et Peppermint Venture Partners. Le financement comprend des fonds propres et des dettes, ainsi que des avances de trésorerie non dilutives accordées par le programme DGO6 de Wallonie.

"Les résultats des premières études que nous avons menées ont démontré que notre dispositif génère une réduction significative des zones nécrosées."
Olivier Delporte

Le dispositif médical développé par Miracor est appelé PiCSO (Pressure-controlled Intermittent Coronary Sinus Occlusion). Il s’agit plus précisément d’une console et un cathéter. Ce dernier instrument est introduit dans le sinus coronaire du patient à l’aide d’un guide traditionnel. Un ballon à l’hélium est fixé sur le cathéter qui sera gonflé et dégonflé selon un cycle bien précis et sous monitoring constant.

"On sait qu’un quart des patients qui subissent un infarctus du myocarde vont souffrir d’insuffisance cardiaque dans les 4 années qui suivent l’infarctus", explique Olivier Delporte. "Les résultats des premières études que nous avons menées ont démontré que notre dispositif génère une réduction significative des zones nécrosées. Or, cette réduction entraîne une baisse de 50% du risque d’hospitalisation et de décès à un an suite à un infarctus."

À quoi serviront les nouveaux fonds?

Le nouveau financement de 25 millions d’euros va permettre à Miracor de renforcer les bons résultats observés chez les premiers patients traités durant les études cliniques, mais également de peaufiner la technologie en apportant des améliorations à la console et au cathéter pour les faire passer d’un produit expérimental à une solution industrielle complète qui pourra être mise sur le marché.

Une quinzaine de personnes seront transférées d’Autriche vers Liège. Miracor prévoit une douzaine d’engagements.
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Selon Olivier Delporte, "ces fonds vont nous permettre d’effectuer un essai clinique randomisé en Europe, de travailler avec l’autorité réglementaire américaine, la FDA, pour obtenir l’approbation d’un essai aux USA et d’apporter la thérapie PiCSO sur le marché européen". Les équipements sont pour l’instant fabriqués par des sous-traitants étrangers, mais d’après le CEO, "il y aura un travail d’analyse pour examiner ce qu’on peut fabriquer à l’avenir en Belgique".

Miracor s’installera plus précisément à Awans, sur l’ancien site Kone. Elle sera de la sorte la première société du secteur thérapeutique à prendre ses quartiers dans ce zoning. Une quinzaine de personnes devraient être transférées d’Autriche vers la nouvelle implantation. Le CEO prévoit d’engager dans les trois prochaines années une douzaine de collaborateurs supplémentaires, majoritairement des profils scientifiques ou techniques.

Wallonie, terre d’accueil

Mais pourquoi avoir choisi le bassin liégeois? "Différentes opportunités ont été examinées", conclut Olivier Delporte.

"Nous avons très régulièrement des visiteurs américains et nous voulions être géographiquement proches de Zaventem et de Düsseldorf."
Olivier Delporte

"Nous avons eu un support très positif de ce que j’appelle ‘l’écosystème belge et wallon’ pour les biotechs et des medtechs en développement. Cet environnement fait de la Belgique et de la Wallonie une terre d’accueil très intéressante pour installer une start-up comme la nôtre. Au départ, l’I-tech Incubator de Gosselies nous a beaucoup aidés et orientés vers les acteurs clés. Si nous avons choisi plus précisément Liège, c’est parce que nous serons à l’intersection des autoroutes avec des accès vers l’Allemagne et les Pays-Bas. Et pas trop loin de Zaventem, de Gosselies et de Bierset. Nous avons très régulièrement des visiteurs américains et nous voulions être géographiquement proches de Zaventem et de Düsseldorf."


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