OncoDNA mise sur le "big data" pour mieux prédire le cancer

©Credits : Photos Studio (www.piersotte.be)

La start-up basée à Gosselies lance deux projets innovants de lutte contre le cancer. Le premier vise à mieux prédire le cancer en s’appuyant sur un spectre de données le plus large possible. Le second vise à démontrer l’efficacité clinique de ses outils prédictifs.

Recapitalisée depuis septembre dernier à hauteur de 7,7 millions d’euros, la start-up wallonne OncoDNA s’apprête à prendre son véritable envol. Cette société, spécialisée dans l’analyse du séquençage ADN des cellules cancéreuses, ambitionne de doubler cette année son chiffre d’affaires et d’étendre de manière exponentielle la base de données sur laquelle elle pourra étayer ses stratégies de traitement et de suivi du cancer.

Pour ce faire, elle vient de lancer deux projets innovants d’un budget global de 16 millions d’euros. Le gouvernement wallon les soutient en apportant une aide globale d’un peu plus de 9 millions, sous forme d’avances récupérables.

Le projet le plus important (10 millions d’euros) vise à mettre en réseau un maximum d’informations générées à partir d’une tumeur (séquençage ADN, analyse de marqueurs tumoraux, imagerie).

16 millions €
Les deux projets de lutte contre le cancer portés par OncoDNA nécessitent un budget global de 16 millions d’euros. La Wallonie apporte une aide d’un peu plus de 9 millions sous forme d’avances récupérables.

Moncodaneum — c’est son nom — s’inspire du Mundaneum du Belge Paul Otlet, précurseur de l’internet en version papier. Il consiste à mettre en ligne un logiciel "SaaS" (Software as a service), appelé OncoKDM, permettant de connecter un maximum de centres de lutte contre le cancer dans toute l’Europe. L’idée étant d’élargir au maximum la base comparative en rassemblant toutes les données possibles, cela afin de déterminer la meilleure stratégie de traitement et de suivi des patients souffrant d’un cancer.

"Nous voulons ouvrir au maximum notre système d’interprétation des différentes tumeurs et pouvoir le déployer dans les laboratoires du monde entier", explique Jean-Pol Detiffe, le patron fondateur d’OncoDNA.

Le logiciel, qui doit être lancé en mai, suscite déjà de nombreuses marques intérêt émanant notamment d’une vingtaine d’hôpitaux espagnols.

Pour pouvoir suivre la demande, OncoDNA prévoit d’engager 25 informaticiens dans les prochains mois.

Le second projet, pour lequel un budget de 6 millions d’euros est prévu, vise à démontrer l’efficacité clinique des deux tests prédictifs OncoDeep, qui prélève les cellules cancéreuses par une biopsie, et OncoTrace, qui permet de suivre l’évolution d’une tumeur au départ d’une simple prise de sang.

Concrètement, le projet "Trace" prévoit de réaliser des analyses sur plus de 1.200 patients atteints d’un cancer du poumon, de la vessie ou de l’œsophage. Objectif: augmenter de 50% la réponse thérapeutique et de 20% le taux de survie. "Nous voulons démontrer que l’on peut améliorer les chances de survie des patients en recourant à un traitement ciblé qui s’appuie sur une analyse fine plutôt qu’en administrant une chimiothérapie à l’aveugle", souligne Jean-Pol Detiffe.

À l’entendre, l’objectif est réaliste. "Notre suivi de tumeurs à base de prises de sang permet déjà des détections plus précoces qu’avec un PET-Scan."

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