SalamanderU, des solutions clé en main pour les biotechs

Outre son logiciel de reconnaissance vocale, la start-up produit des isolateurs de culture cellulaire et de remplissage fabriqués en résines synthétiques. ©Salamanderu

Une jeune start-up wallonne aide les entreprises des sciences du vivant à fabriquer leurs premiers lots de médicaments. La liste de ses produits comprend notamment un logiciel de reconnaissance vocale unique au monde.

Pour une biotech, la meilleure idée du monde risque de rester lettre morte si le processus de production s’avère laborieux ou trop onéreux. D’où le recours à des solutions techniques pertinentes, que l’entreprise doit la plupart du temps aller chercher à l’extérieur. C’est là qu’intervient une société comme salamanderU, une start-up wallonne qui aide les jeunes pousses des sciences du vivant à fabriquer leurs premiers lots de médicaments, de préférence le meilleur marché possible et avec des procédés améliorés.

Créée il y a trois ans, cette petite société d’une dizaine de personnes implantée à Wavre et à Marche-en-Famenne a mis au point plusieurs solutions et produits novateurs. Dans la liste, on trouve par exemple un système électronique d’enregistrement de lots (EBR) piloté par la voix, un instrument novateur présenté comme unique en son genre. "En production, dans le secteur pharmaceutique, il faut ce qu’on appelle un dossier de fabrication", explique Claude Dedry, le CEO de salamanderU. "Il est nécessaire de consigner toutes les manipulations. Notre système énonce les différentes étapes de la production grâce à un synthétiseur vocal, tandis que l’opérateur annonce à haute voix les traitements auxquels il procède et quels doivent en être les résultats. Le logiciel, appelé ‘SmartReg’, enregistre le tout à l’aide de la reconnaissance vocale. Cette technologie permet également d’effectuer des calculs et de générer des rapports optimisés."

Une unité mobile

Autres outils que propose la petite société: des isolateurs de culture cellulaire et de remplissage fabriqués en résines synthétiques en lieu et place de l’habituel acier inoxydable. Ce qui contribue à leur garantir une plus longue intégrité. L’usage de résines synthétiques permet d’autre part de fabriquer des isolateurs sur mesure, de telle sorte que tous les appareillages destinés à la production puissent aisément prendre place au sein de l’isolateur.

La révolution biotechnologique

Nous avons répertorié les 194 entreprises belges actives dans le secteur biotechnologique appliqué à la médecine. Radiographie d’une révolution.

SalamanderU a également développé une unité mobile au sein de laquelle des médicaments peuvent être produits à proximité immédiate des hôpitaux. Un véhicule qui vise les études cliniques portant sur des produits de thérapie cellulaire et génique.

Plusieurs grands noms de la biotech wallonne ont déjà eu recours à certains de ces services. L’entreprise compte par ailleurs élargir sa gamme de solutions et développe deux nouveaux produits: un logiciel de collecte et de contrôle à distance des données ainsi qu’une unité de production intégrée incluant un isolateur et un système électronique d’enregistrement de lots.

Un passé dans la pharma

Si salamanderU peut déjà proposer des produits aboutis, c’est que plusieurs de ses responsables ont non seulement un passé dans la pharma, mais ont déjà épaulé certaines biotechs. "Nous sommes des gens de terrain, fait valoir de son côté Denis Decubber, président du conseil d’administration. Nous avons un passé de consultants dans le secteur des médications stériles. Nous intervenons chez les clients qui sont en train de fabriquer des médicaments destinés à des études cliniques, phase 1 et 2, même si nous n’allons évidemment pas refuser des phases 3 ou des phases commerciales."

"On a commencé à travailler avec des sociétés de thérapies cellulaires et géniques en Belgique et même en Europe pour amener notre expérience de la fabrication de produits injectables dans l’industrie pharma à ces petites sociétés qui se demandaient comment produire leurs nouveaux produits pour qu’ils soient acceptés par les autorités réglementaires", relève encore Claude Dedry, qui est passé chez GSK. "Jusqu’en 2017, nous avons travaillé dans le monde du conseil. Mais depuis lors, nous sommes passés également à la fourniture d’équipements et de logiciels."

Autofinancement

Le capital de l’entreprise est entre les mains des quatre fondateurs: Claude Dedry, Tony Donolato (COO), Philippe Neyt (CTO) et Denis Decubber. Quatre sociétés ont investi dans la nouvelle structure: DispInject, ADC-Group, Netaxis et Amma Assurance. Luxembourg Développement a fait son entrée dans l’actionnariat tout récemment.

4 millions €
Le plan de développement prévoit que la société réalise un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros d’ici la fin 2021.

Le plan de développement prévoit que la société réalise un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros d’ici la fin 2021. Il devrait être de 2 millions cette année, contre 400.000 en 2018. L’entreprise, qui veut autofinancer son développement, était déjà à l’équilibre en 2017 mais a enregistré un déficit en 2018 en raison des importants investissements réalisés.

À l’étranger, le premier axe de développement est la France, où le potentiel est jugé plus intéressant. "Nos produits commencent à résonner auprès des clients. Après une phase de développement, on prépare notre essor commercial", se réjouit encore Claude Dedry.

Lorsqu’elle aura assuré sa renommée dans le secteur des sciences du vivant, l’entreprise n’exclut pas de partir à l’assaut d’autres marchés, comme l’inspection sanitaire, les pharmacies d’hôpitaux et même l’industrie aéronautique, pour ce qui est du logiciel SmartReg.

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