Argenx, l'incroyable parcours boursier du "bleu" du Bel 20

La première cotation d'Argenx sur le Nasdaq. ©Argenx

C'est Argenx qui remplacera finalement Ablynx au sein du Bel 20, une biotech prenant la place d'une autre. Longtemps négligée par les investisseurs, Argenx a vu son cours être multiplié par dix en un peu moins de quatre ans. Retour sur ce succès que personne (ou presque) n'a vu venir.

"Le titre Argenx rate son IPO et dévisse de 8,24%".

Que de chemin parcouru par la biotech belgo-néerlandaise depuis la publication de ce titre dans L’Echo du 11 juillet 2014. Avec son entrée sur Euronext Bruxelles, Argenx a levé un peu plus de 40 millions d’euros en offrant ses actions au prix minimum d’une fourchette comprise entre 8,5 et 12 euros. Et le jour de la première cotation, le titre a bu la tasse. Si, si...

Quatre ans plus tard, l’action a été multipliée par 10, sa capitalisation boursière a atteint 2,77 milliard d’euros et dans une douzaine de jours elle rejoindra l’indice vedette d’Euronext Bruxelles, le Bel 20. Où elle prendra la place d’une autre biotech au parcours éblouissant, Ablynx .

Les anti-corps de lamas

La similitude entre les deux sociétés ne s’arrête pas là. Non seulement Argenx a été fondée en 2008 par des anciens membres d’Ablynx mais, tout comme cette dernière, son activité clinique repose sur le système immunitaire des lamas qui constitue la base de sa plateforme "Simple Antibody".

Argenx se focalise sur des thérapies à base d’anticorps pour le traitement de maladies auto-immunes et du cancer. Huit anti-corps sont actuellement en développement, le plus avancé étant l’ARGX-113 visant la myasthénie. L’essai clinique de phase III devrait débuter avant la fin de cette année a indiqué ce matin la biotech. L’ARGX-113 baptisé efgartigimod subit actuellement deux autres essais cliniques de phase II visant des affections auto-immunes, la thrombocytopénie immunitaire et le pemphigus vulgaire.

Pour quatre anticorps, Argenx a conclu des partenariats avec des groupes comme AbbVie et LEO.

Les produits en développement chez Argenx, seuls ou en partenariat. ©Argenx

Pendant trois bonnes années, le parcours boursier de la biotech s’est apparenté à un long et ennuyeux fleuve tranquille. L’action ne faisait rêver personne et était négligée par les investisseurs. Son entrée sur le Nasdaq, en mai 2017, qui lui permis de remplir ses caisses (100 millions de dollars) a reçu une attention polie, sans plus.

Le déclic

Le déclic s’est produit quelques mois plus tard, le 11 décembre 2017. Ce jour-là, Argenx publie trois communiqués. Dans l’un, elle fait état d’améliorations notables auprès de 75% de patients atteints de la myasthénie grave et traités avec l’ARGX-113. Dans l’autre, elle mentionne trois cas de rémission complète de leucémie myéloïde aigüe grâce à l’ARGX-110. Et dans le troisième, pour capitaliser sur ces succès et sur l’envolée du cours de l’action qu'ils provoquent, elle annonce une nouvelle levée de fonds aux Etats-Unis qui lui rapportera un total de 266 millions de dollars. De sorte qu’à la date du 31 mars 2018, sa trésorerie atteignait 346,6 millions d’euros.

Aujourd’hui, au moment d'écrire ces lignes, l’action se traite à 88 euros (+7%) et rien ne dit qu’elle va s’arrêter là même si les analystes financiers sont, eux-mêmes, un peu dépassés par le phénomène.

KBC Securities s’est adapté à l’évolution récente du cours en relevant son objectif à 87 euros contre 67 euros avant. Il tente toutefois de calmer le jeu avec une recommandation à "accumuler" contre "acheter" avant. L’objectif de cours moyen des analystes s’élève à 82,52 euros soit en dessous du cours actuel.

Opéable?

Le destin d’Argenx ressemblera-t-il jusqu’au bout à celui de sa grande sœur Ablynx? En d’autres termes, pourrait-elle être la cible d’une OPA? Rien de l’empêche au niveau de l’actionnariat qui n’est pas verrouillé. Quelque 42% des parts sont réparties parmi huit actionnaires détenant des participations comprises entre 3% et 9,93%.

Notons toutefois qu’un acheteur potentiel, avant de mettre quelques milliards d'euros sur la table pour racheter une biotech, attend en général que celle-ci soit en grande partie "dérisquée", en d'autres termes qu’un des traitements phares ait passé avec succès le stade III de l’essai clinique. Ce qui n’est pas encore le cas pour Argenx.

On attend, pour le second semestre, les données principales de la phase II de l’ARGX-113 pour la thrombocytopénie immunitaire et les données intérimaires pour le pemphigus vulgaire. Quant à la myasthénie, comme indiqué plus haut, la phase III devrait débuter avant la fin de cette année.  

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