Argenx, une biotech au nirvana

Les premiers pas d'Argenx sur Euronext Bruxelles en juillet 2014 furent pour le moins difficiles. ©Paternoster Mathieu_euronext

Plus rien n'arrête la biotech gantoise Argenx. Cotation sur le Nasdaq, résultats cliniques prometteurs, levée de fonds de 150 millions de dollars, cours stratosphérique... Pourtant, ses débuts en Bourse furent plus que poussifs.

Avec les biotechs, vous devez mettre de côté vos notions de base en matière d’analyse financière d’entreprise. Ce qui compte, avant tout, pour elles ce n’est pas le chiffre d’affaires, ni le "bottom line" mais le niveau de leur compte en banque. Plus il est fourni, plus la société aura les coudées franches pour avancer dans ses recherches.

Je ne vous apprends sans doute rien. Mais cette logique est aujourd'hui poussée à son paroxysme. Avez-vous déjà souvent vu le cours de Bourse d’une entreprise d’un secteur plus classique que la biotechnologie grimper alors qu’elle vient d’annoncer une augmentation de capital? C’est plutôt rarissime, avouons-le.

Au diable la dilution

Dans le secteur des biotechs, cela n’étonne plus personne. Au diable la dilution des actionnaires puisque, de toute façon, il n’y pas de bénéfices à partager. Au contraire, le fait qu’une biotech puisse lever des fonds auprès d’investisseurs est perçu comme un signe de confiance dans son potentiel.

Ainsi en est-il aujourd’hui d’Argenx . La biotech gantoise a profité de l’envolée de son cours lundi (+56%) pour annoncer, en fin de soirée, le lancement d’une augmentation de capital de 150 millions de dollars aux Etats-Unis. Une gestion saine et opportuniste du niveau de la trésorerie. Et une décision appréciée par le marché puisque le titre prenait encore 5% en matinée.

8,5 euros mi-2014

On ne peut d'ailleurs que saluer le succès rencontré par cette société créée par d’anciens membres d’Ablynx . D’autant plus que ses premiers pas boursiers, en juillet 2014, furent plutôt poussifs pour ne pas dire médiocres. Un prix fixé dans le bas de la fourchette à 8,5 euros doublé d’une chute de 8% lors du premier jour de cotation. On ne pouvait pas plus mal démarrer. 

Cotée aujourd’hui à Bruxelles et sur le Nasdaq, Argenx a vu sa capitalisation boursière franchir le cap du milliard d’euros à 1,1 milliard contre 132 millions il y a un peu plus de trois ans!

Argenx versus Ontex

Capitalisation boursière
1,1 milliard€
La capitalisation boursière d'Argenx atteint désormais 1,1 milliard d'euros soit un peu moins de la moitié de celle d'Ontex qui a dégagé un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros (2016).

Une capitalisation de 1,1 milliard c’est un peu moins de la moitié de celle d’Ontex , une société du Bel 20. Spécialisée dans les produits d’hygiène jetables, elle emploie 11.000 personnes dans 25 pays et a dégagé en 2016 un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros et un Ebitda ajusté de 249 millions d’euros. On ne compare pas les pommes et les poires mais à titre purement indicatif, sachez que, sur la même période, le revenu opérationnel d’Argenx était de 17,1 millions d’euros avec une perte opérationnelle de 21,4 millions. Quant au nombre de collaborateurs, il ne devait pas dépasser la centaine.

Plus encore que dans les secteurs économiques traditionnels, c’est donc le futur et son potentiel qui retient l’attention des investisseurs et qui provoquent des ascensions stratosphériques du cours de l'action comme celle d’Argenx lundi. C'est le pendant euphorique d'un retour de bâton qui peut parfois être très douloureux. Demandez aux actionnaires de Celyad, ThromboGenics, Genticel, Innate Pharma ou encore DBV Technologies ce qu’ils en pensent…

Un objectif de cours moyen plus pondéré

Mais ne gâchons pas la fête d’Argenx. Aujourd’hui, les cinq analystes qui suivent la valeur conseillent un achat. Au niveau de l’objectif de cours, ils sont plus prudents que le marché avec une moyenne de 27,56 euros pour un cours actuel d’environ 40,7 euros. Mais la banque Degroof Petercam est en train de revoir le sien à la hausse. Aux Etats-Unis, Wedbusch vise désormais les 64 dollars contre 41 dollars avant. 

©L'Echo

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés