interview

"C'est un superdeal", affirme le CEO d'Ablynx

©Emy Elleboog

Edwin Moses, le CEO d’Ablynx, qualifie l’offre de Sanofi de "superdeal" et de "bonne affaire pour Gand".

La biotech gantoise Ablynx passe entre les mains du géant pharmaceutique français pour 3,9 milliards d’euros. Dans une interview, Edwin Moses, le CEO d’Ablynx explique que le rapprochement entre les deux sociétés s’est réalisé rapidement.

Il y a deux mois encore vous disiez qu’on ne pouvait pas arrêter une offre knock-out. Aujourd'hui, une telle offre a été déposée sur la table. Quelle est votre réaction?
Commençons par un flash-back au mois d’octobre. A cette époque, nous avons publié des résultats solides d’un essai clinique pour le caplacizumab (un traitement contre une maladie sanguine rare) et nous avons, dans la foulée, levé 175 millions d’euros via une introduction sur le Nasdaq. Nous avions parfaitement positionné Ablynx pour développer la société de manière indépendante au cours des prochaines années.

Et puis est survenue l’offre de Novo Nordisk que nous trouvions beaucoup trop basse. Le boulot d’un conseil d’administration est de regarder plus loin, de scruter le marché, et de voir s’il y a d’autres parties intéressées. C’est ce que nous avons aussi fait lors de la JPMorgan Healthcare Conference qui s’est tenue aux USA. De ce point de vue, le timing fut parfait. Il est apparu assez rapidement qu’il existait une certaine chimie entre nous et Sanofi. Nous avons mené des négociations et, hier soir, Sanofi nous a confirmé une offre. En d’autres termes, tout est allé très vite et pour le mieux.

Le conseil d’administration a voté en faveur de l’offre.
C’est un superdeal pour les actionnaires. Le prix est le double du cours de Bourse avant l’annonce de la première offre et il est même trois fois supérieur au cours de Bourse d’il y a douze mois.

Et pour les travailleurs?
C’est une bonne affaire pour Gand. Sanofi a indiqué clairement qu’il allait soutenir la poursuite du développement de notre centre d’expertise à Gand et qu’il allait accélérer le développement de médicaments avec notre technologie. L’enthousiasme de Sanofi pour notre technologie, nos projets de recherche et tout ce que nous faisons ici est grand. Ce savoir, Sanofi ne l’a nulle part ailleurs. Pour eux, il s’agit d’un important pas stratégique.

Ce n’est pas la première fois que vous développez une entreprise qui finalement se fait racheter par un grand groupe pharma. Mais c’est de loin la plus importante avec 3,9 milliards. Que ressentez-vous?
Je pense que nous pouvons être fiers avec toute notre équipe qu’une société comme Sanofi lance une telle offre. Cela démontre qu’en tant que société de biotechnologie il faut continuer à se battre. Ablynx a connu des périodes très difficiles mais nous avons continué à croire que nous pouvions faire la différence. Mais, avec Sanofi, nous trouvons une nouvelle maison. Il s’agit simplement d’un nouveau pas dans l’évolution d’Ablynx.

C’est quand même dommage que cela signifie la fin d’Ablynx en tant que société indépendante? "Nous avons besoin ici en Europe de nouveaux et grands champions des biotechs" déclariez-vous récemment.
C’est vrai. Mais devons-nous pour cela être tristes aujourd’hui? Nous prouvons que nous pouvons créer, en Flandre, une entreprise qui pèse 4 milliards. Vous souvenez-vous de Domantis qui avait développé une technologie similaire et qui dix ans plus tard a été vendueà GSK pour à peine 250 millions de livres ? C’est un signe de force pour le cluster biopharma dans la région. Pensez à Galapagos, Argenx et bien d’autres. Certaines se feront aussi racheter, d’autres resteront indépendantes jusqu'à ce que se développe ici aussi un Celgene ou un Biogen.

A la clôture de la Bourse de Bruxelles, Ablynx prenait 18,53% à 44 euros.

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