analyse

Celyad veut faire le plein de cash dans un contexte défavorable

La biotech Celyad sollicite les investisseurs institutionnels alors que le cours de son action a perdu 25% depuis le début de l’année et près de 50% sur les 12 derniers mois. Mais elle n'a pas le choix.

Une semaine après l’annonce d’une nouvelle étape dans le développement de son produit phare, le CYAD-01, Celyad a décidé de passer par la case "recharge de cash".

Lors de la publication de ses derniers résultats semestriels, la biotech wallonne spécialisée dans le développement de thérapies cellulaires CAR-T ciblant les cancers affichait encore une trésorerie de 33,7 millions d’euros. En regard de sa consommation nette de liquidité de 16,1 millions d’euros sur la première moitié de l’année, cela devait lui permettre de financer ses dépenses jusqu’à la mi-2020. Ce qui est un horizon relativement court, même dans le monde des biotechs.

Cotation suspendue

Celyad a donc lancé aujourd’hui une offre globale tant aux Etats-Unis, où elle est également cotée, qu’en Europe afin de remplir ses caisses. Elle prend la forme d’un placement privé – et du coup est réservée aux investisseurs institutionnels- portant sur un maximum de 2 millions d’actions.

Le prix par action sera fixé dans le cadre d’un processus de constitution de livre d’ordres. En attendant, la cotation du titre est suspendue à Bruxelles et à Paris.

En se basant sur le dernier cours de Celyad (12,18 euros) ce placement privé représente un montant de 24,4 millions d’euros sans compter l’option d’achat de 30 jours sur 300.000 actions supplémentaires. Il faudra également intégrer la décote généralement accordée dans ce genre d’opérations pour séduire les investisseurs.

Décote de 15%

Lors de sa précédente levée de fonds qui remonte à mai 2018, la biotech a récolté 40,1 millions d’euros avec un prix de 22,29 euros par action ce qui représentait une décote de 15%. Depuis lors, la valeur de la société a été quasiment divisée par deux. Avec cette nouvelle augmentation de capital, Celyad devrait pouvoir se financer pendant six à neuf mois supplémentaires ce qui porte l’horizon au premier trimestre 2021.

Sandra Cauwenberghs de KBC Securities maintient sa recommandation sur la valeur à "accumuler" avec un objectif de cours de 23 euros. Elle attribue 55% de la valeur (somme des parties) aux indications visant les cancers solides, 16% pour les applications hématologiques et le solde aux liquidités.

"La plus grande valeur revient au programme allogénique des tumeurs solides" souligne l’analyste. "Il s’agit d’une partie de l’investigation clinique dans le domaine des CAR-T qui est moins encombrée. Cela pourrait donner des avantages étant donné sa grande complexité dans le développement d’un traitement correspondant à des demandes médicales non satisfaites."

De son côté, Kepler Cheuvreux a réitéré son conseil ("acheter") et son objectif de cours de 19,30 euros.

Potentiel de hausse de 241%

Degroof Petercam qui a participé au placement de mai 2018 mais dont le nom ne figure plus dans le syndicat bancaire de cette nouvelle opération n’a pas publié de note ce matin sur Celyad. Dernièrement, la banque elle était toujours à l’achat avec un "target" de 72 euros.

L’objectif de cours moyen de l’ensemble des analystes recensés par Bloomberg qui suivent la valeur atteint 41,55 euros ce qui correspond à un potentiel de hausse de 241%.

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