Cette biotech cotée à Bruxelles a chuté de 90% et son avenir reste flou

©EPA

Introduite en Bourse en 2015 au prix de 10 euros, cette société spécialisée dans le diagnostic de maladies ne vaut plus qu’un peu plus d’un euro. Et son avenir immédiat n'est pas rose.

Sur Euronext Bruxelles, il y a les biotechs qui font des étincelles et qui peuvent récolter des dizaines voire des centaines millions d’euros sur le marchés financiers en quelques heures. C’est le cas des stars comme Galapagos et Argenx et dans une moindre mesure de Mithra .

A l’autre extrémité, il y celles qui mangent de la vache enragée, dont le cours de Bourse s’est effondré et qui recherchent désespérément des fonds pour assurer la continuité de leur développement.

Curetis fait partie de cette catégorie au même titre qu’Asit Biotech , Bone Therapeutics ou MDxHealth .

Depuis son introduction en Bourse en 2015 au prix de 10 euros, le titre a perdu 89% de sa valeur…

Redresser la barre

Et il faut avouer que l’on ne voit pas encore le bout du tunnel pour cette biotech d’origine allemande dont le domaine d’activité est assez proche de celui de Biocartis . Les deux sociétés développent et commercialisent des mini-labos de diagnostic qui utilisent des cartouches différents en fonction des maladies à détecter.

Fin de l’année dernière, Curetis a annoncé une série de mesures destinées à redresser la barre: se concentrer sur la commercialisation de l’Unyvero, son mini-labo, aux Etats-Unis, trouver des partenaires pour ses activités en Europe -ce qui a été fait quelques mois plus tard avec Menarini Diagnostics-, et réduire sa voilure afin de diminuer sa consommation de liquidités de 50%. Une attention particulière sera également accordée à sa filiale Ares Genetics.

Les caisses se vident

Aujourd’hui, la biotech a publié ses résultats pour 2018 et ses perspectives pour l’année en cours. Pas de quoi bondir de joie: le titre reculait de 3,7% en matinée à 1,16 euro après avoir perdu plus de 5% en matinée.

Si ses revenus ont grimpé de 17% à 1,4 million d’euros, les dépenses ont bondi de 25% à 25,1 millions d’euros alors que le nombre d’Unyvero installés a baissé passant de 175 à 167.

Pendant ce temps, sa trésorerie a été réduite à 10,3 millions d’euros ce qui semble juste pour arriver au bout de l’année même si elle atteint son objectif de réduction de moitié de ses coûts.

Curetis évoque une levée de fonds en 2020 et espère, entre-temps, obtenir le soutien de la Banque européenne d’investissement et de Yorkville avec laquelle elle a conclu un accord de financement en octobre 2018.

Objectifs pour 2019

Pour l’exercice en cours, la biotech espère plus que doubler ses revenus pour atteindre un chiffre supérieur à 3 millions d’euros. Elle s’attend aussi à dépasser la barre des 200 Unyvero installés fin 2019, ce qui n’est pas le Pérou admettons-le. Aux Etats-Unis, elle compte passer de 15 appareils à 30-40 sur le même laps de temps.

La course contre la montre pour rester à flots et disposer de suffisamment de moyens financiers va donc se poursuivre en 2019.

On laissera le mot de la fin à Stéphanie Put de Degroof Petercam, un établissement qui, par ailleurs, est chargé d’assurer la liquidité du titre et est rémunéré à cet effet. "Considérant le bilan faible de la société et les mesures additionnelles qui doivent être prises en 2019 pour la remettre sur les rails, nous restons prudents sur la perspective à court terme et maintenons notre recommandation à 'conserver'". Son objectif de cours de 5,9 euros est à l’examen.

Lire également

Publicité
Publicité