Cette biotech française qui veut séduire les investisseurs belges

©BELGA

Selon les trois brokers qui la suivent, l’action Advicenne affiche un potentiel de croissance de près de 150%. Petit portrait de cette biotech nîmoise.

Euronext Bruxelles comptera bientôt une société de biotechnologie de plus dans ses rangs déjà bien étoffés. Cotée à Paris, Advicenne entend accroître sa visibilité en figurant sur les écrans de la place bruxelloise. Elle n’est pas la première biotech française à avoir effectué ce trajet: Genkyotex, ex-Genticel, l’a précédée. La double cotation est d’ailleurs un phénomène courant dans ce segment: Bone Therapeutics est aussi inscrite à Paris, Kiadis à Amsterdam, Argenx, Galapagos et Celyad sur le Nasdaq…

Advicenne ne fera toutefois pas de l'ombre aux biotechs belges avec un domaine d'activité très pointu: le développement de traitements pour des maladies orphelines néphrologiques et neurologiques. La société française est, par contre, déjà plus avancée que la plupart d'entre elles. 

Commercialisation du produit phare

Elle a déposé, en mars dernier, une demande d’autorisation de mise sur le marché en Europe pour son produit phare l’ADV7103 traitant une maladie rénale rare, l’acidose tubulaire rénale distale (ATRd). Cinq pays sont déjà ciblés pour la commercialisation avec la mise en place de structures propres: l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Des accords de distribution seront conclus pour les autres pays.

Aux Etats-Unis et au Canada, la biotech nîmoise va pouvoir mettre en place un essai clinique pivot de phase III pour l’ADV7103. Elle espère pouvoir lancer la commercialisation dans ces deux pays en 2021. Ce produit est également en phase III en Europe, dans une seconde indication, également orpheline, la cystinurie, une maladie rénale congénitale.

Notons qu’Advicenne a déjà décroché l’an dernier le feu vert des autorités sanitaires européennes pour l’Ozalin, un sédatif pour enfants qui est commercialisé par un partenaire, Primex Pharmaceuticals.

Deux ans de cash

En 2018, Advicenne a dégagé des revenus de 6,9 millions d’euros issus des ventes de deux produits sous licence et d’un paiement d’étape de 5 millions d’euros. Ses charges opérationnelles se sont élevées à 12,2 millions d’euros contre 8,5 millions un an plus tôt. Avec une trésorerie de 26,2 millions d’euros, elle dispose de suffisamment de cash pour financer ses activités pendant deux ans.

A l’aune de sa capitalisation boursière de 78 millions d’euros, la biotech française reste une entité très modeste. A titre de comparaison, Galapagos pèse 5,7 milliards d'euros, Argenx 4,5 milliards, Mithra 946 millions et Celyad 215 millions.

Parcours boursier décevant

Jusqu’à ce jour, son parcours boursier n’est d’ailleurs pas très convaincant. Introduite en Bourse fin 2017 au prix de 14 euros l'action, le cours d'Advicenne n’a pas cessé de s’éroder pour atteindre 9,7 euros aujourd’hui, une chute de 30%.

Il faut dire que la liquidité du titre est relativement limitée avec un "free float" de 14,8% seulement. Le capital est majoritairement aux mains de plusieurs entités de "private equity" dont Bpifrance Investissement (27,9%), IXO Private Equity (17,64%) et Cemag Invest (9,28%). Des dirigeants détiennent un bloc de 5,3%.

L'action Advicenne est suivie par trois brokers (NIBC Bank, Gilbert Dupont et RX Securities) qui recommandent unanimement un achat de la valeur. L’objectif de cours moyen atteint 23,8 euros ce qui représente un potentiel de hausse de 147%.

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