Cette biotech opère un virage radical et dévisse en bourse

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Kiadis a décidé d'abandonner le développement de son produit-phare, de licencier la moitié de son personnel et de concentrer ses efforts sur sa plateforme de thérapies cellulaires dites "natural killer". L'action a dégringolé de près de 32% en clôture.

En octobre dernier, Kiadis Pharma mettait un genou en terre après avoir annoncé un retard considérable dans le développement de son produit-phare, l’ATIR101, un traitement destiné à faciliter la transplantation de cellules souches chez les patients atteints d'un cancer du sang. Le titre s’effondrait en bourse de 60% après avoir déjà chuté de 50% au cours des douze dernier mois.

Rebelote aujourd’hui. Le second genou a rejoint le premier. L’action a chuté de près de 32% en clôture et ne se traite plus qu’à 1,5 euro contre 12,5 euros en 2015 lors de son IPO...

"Natural killer"

La société a annoncé hier, après bourse, sa décision d’abandonner le développement de l’ATIR101 dont les avantages par rapport au traitement standard actuel ne semblaient plus aussi évident. Du coup, la moitié de son personnel qui compte une petite centaine de personnes, passera à la trappe.

Malgré ses deux genoux en terre, la biotech néerlandaises espère rebondir (oui, je sais rebondir avec deux genoux à terre cela risque d'être coton...) en se concentrant sur sa plateforme de thérapies cellulaires dites "natural killer" (NK). Le principe est le suivant : à l’aide de sa technologie de radiation, elle transforme des cellules saines de donneurs pour combattre les tumeurs cancéreuses liquides et solides.

Deux essais cliniques de phase 1/2 débuteront en 2020. Des programmes pré-cliniques sont également en cours évaluant ce type de thérapie pour le traitement de tumeurs solides.

Fin septembre, les liquidités de Kiadis s’élevaient à 47 millions d'euros. Maintenant que la très coûteuse phase III de l’ATIR101 est définitivement mise au placard, les besoins financiers se feront un peu moins pressants bien que les licenciements auront, bien entendu, un certain coût.

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Sanctionnée par les analystes

"Cette dernière annonce à propos de l’ATIR101 après l’échec de l’obtention d’une approbation conditionnelle du régulateur européen est susceptible d’engendrer une vue prudente concernant la plateforme NK" estime toutefois Dylan van Haaften de NIBC. L’analyste recommande désormais de se débarrasser de la valeur contre une position "neutre" avant. L’objectif de cours est réduit à 1 euro contre 2,5 euros avant.

Piper Jaffray, de son côté, passe de "surpondérer" à "neutre" avec un "target" divisé par plus de quatre à 2 euros contre 9 euros.

Chez KBC Securities, les analystes révisent actuellement leur modèle sur la valeur. Pour l’instant, et sans prendre en compte les développements récents, la recommandation est à "vendre" avec un objectif de cours de 3,5 euros. Enfin, Canaccord Genuity reste à l'achat mais son "target" n'est plus que de 4 euros contre 19 euros précédemment.

Comme un air de Celyad

Notons, pour terminer, que ce scénario n’est pas sans rappeler ce qui est arrivé à Celyad en 2016. A cette époque les résultats d’une phase III pour son produit principal, le C-Cure, un traitement de l’insuffisance cardiaque s'étaient révélés décevants.

La biotech wallonne a alors tourné le dos aux affections cardiaques pour se focaliser sur les cancers. Avec un succès mitigé jusqu’à présent au vu de l’évolution du cours de bourse de l’action qui a fondu de moitié sur trois ans et de trois quart sur 5 ans.

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