analyse

Des biotechs belges dopées par la spéculation et la hausse des marchés

Galapagos et Argenx, les deux biotechs du Bel 20, bondissaient de plus de 6% ce mardi matin.

En plus d’un retournement de tendance sur les marchés, nos biotechs sont portées par l’annonce de deux gros rachats dans le secteur totalisant 15 milliards de dollars.

On le constate régulièrement. Lorsque les marchés se retournent, le compartiment des biotechs s’avère particulièrement vulnérable et paie un lourd tribut. Cela s’explique notamment par le fait que beaucoup d’entre elles dépendent de la bonne santé des bourses et du goût du risque des investisseurs pour lever des fonds et assurer leur pérennité. 

La chute des marchés causée la semaine dernière par des craintes de ralentissement de l’économie mondiale suite à l’épidémie de coronavirus n’a pas fait exception. Elle a frappé de plein fouet les deux biotechs présentes dans le Bel 20.

Chutes de Galapagos et d'Argenx

En quelques séances, Galapagos a chuté de 30%, passant d’un sommet historique en séance de 253 euros le 20 février à 177 euros huit jours plus tard. Même mouvement pour Argenx avec une chute limitée toutefois à 22%, son titre étant passé de 152,6 euros à 119 euros.

30%
de baisse
Galapagos a dégringolé de 30% en l'espace de quelques séances.

Naturellement, lorsque les marchés reprennent espoir, comme ces lundi et mardi, ces valeurs massacrées sont les premières à rebondir. Mais les gains de plus de 3% observés ce mardi pour nos deux biotechs – et d’autres comme Acacia Pharma (+8%), Celyad (+5,2%) ou Bone Therapeutics (+3,5%) – ne s’expliquent pas uniquement par ce changement de tendance sur les marchés européens et les interventions monétaires des banques centrales.

Des milliards pour des rachats

Galapagos est difficilement opéable. L’accord stratégique conclut avec Gilead prévoit un pacte de non-agression d’une durée de 10 ans.

Deux grosses opérations de rachat ont été annoncées cette semaine dans ce secteur, ce qui alimente inévitablement la spéculation. Gilead, actionnaire (25,8%) et partenaire de Galapagos, a mis 4,9 milliards de dollars sur la table pour racheter Forty Seven, soit une prime de 96% avant que l’information ne fuite. Cette biotech, dont les essais cliniques les plus avancés se trouvent en phase II, se focalise sur le traitement de cancer par immuno-thérapie.

Et aujourd’hui, Thermo Fisher, un fabricant américain d’équipements pour laboratoires, a annoncé son intention d’acquérir la société néerlandaise Qiagen, spécialisée dans les tests de diagnostics, pour 9 milliards d’euros, soit une prime de 23% par rapport au cours de lundi.

Rappelons que chez nous, Galapagos est difficilement opéable. L’accord stratégique conclu avec Gilead prévoit un pacte de non-agression d’une durée de 10 ans. La situation est beaucoup moins verrouillée chez Argenx où, à l’exception du partenaire Johnson & Johnson, les principaux actionnaires sont des fonds comme FMR avec près de 10%.

Quant à Acacia Pharma et Bone Therapeutics  , elles vont devoir remplir leurs caisses cette année pour financer leurs activités. Le rebond des marchés est donc bienvenu.

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