Explosion des coûts pour la biotech Kiadis qui a chuté de 60% en un an

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Les dépenses opérationnelles de Kiadis ont plus que doublé au premier semestre. Mais, ses liquidités actuelles lui permettent de poursuivre ses activités pendant une année.

La biotech néerlandaise Kiadis Pharma , cotée sur Euronext Bruxelles, traverse une passe difficile dont les prémices remontent à octobre 2018.

Spécialisée dans le domaine des greffes de moelle osseuse, elle attendait, à cette époque, l’avis du Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne du médicament pour son traitement phare, l’ATIR101. Il devait tomber au quatrième trimestre 2018 sur la base des résultats d’un essai clinique de phase II. En cas de feu vert, cela aurait permis d'entamer le processus de commercialisation.

Rappelons que l’ATIR101 vise à réduire significativement les complications lors des greffes de moelle osseuse - comme la maladie du greffon contre l'hôte - et rendre ainsi accessibles les donneurs de cellules souches à tous les patients nécessitant une transplantation.

Dégringolade en Bourse

Mais, à ce jour, le dossier est toujours à l’examen auprès des autorités compétentes. Leur décision est désormais attendue pour le début 2020. Inutile de préciser que ce retard a eu un effet catastrophique sur le cours de l’action. En un an, elle a perdu plus de 60% de sa valeur et se négocie aujourd’hui autour de 5,7 euros. Bien en deçà du prix de 12,5 euros fixé lors de son introduction en Bourse en 2015.

Aujourd’hui, le titre souffre à nouveau (-8%). En cause: une très forte hausse des coûts opérationnels au premier semestre qui sont passés de 11,1 millions à 25,7 millions d’une année à l’autre. Les frais de recherche et développement (R&D) plus précisément se sont élevés à 16,2 millions (+110%). La phase 3 de l’ATIR101, actuellement en cours, explique en partie ce bond.

Gestion cruciale

"Les besoins en capitaux de la société restent un point critique", notent Lenny Van Steenhuyse et Sandra Cauwenberghs de KBC Securities ("accumuler"; objectif de cours de 10,5 euros). "Les coûts de R&D montent en flèche alors que la phase 3 de l’ATIR101 continue à se déployer. Avec deux phases I/II additionnelles prévues pour 2020, nous ne nous attendons pas à un ralentissement de ce côté. De plus, les remboursements de la dette vont commencer à peser dans les prochains mois/années."

Fin juin 2019, les liquidités de Kiadis atteignaient 62,7 millions d’euros. Elles ont été renflouées en mai dernier via un placement privé au prix unitaire de 7,5 euros qui a rapporté 27,6 millions. Quelques mois plus tôt, en octobre 2018, la biotech avait déjà récolté 31,2 millions par le même biais à un prix légèrement supérieur (8 euros).

Dans ce contexte, Les analystes de KBC Securities estiment que le cash disponible est suffisant pour poursuivre les activités pendant un an. "La gestion du cash de Kiadis sera cruciale."

Position réservée

D’une manière plus globale, ils affichent une position réservée face à la décision finale des autorités sanitaires européennes, les derniers développements d’un produit concurrent devant inciter ces dernières à la prudence.

De plus, ajoutent-ils, les attentes commerciales de ce produit resteront faibles car les médecins vont attendre les résultats de la phase III avant de l'administrer.

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