La biotech Argenx sur des charbons ardents

La première cotation d'Argenx sur le Nasdaq. ©Argenx

Argenx doit publier prochainement les résultats d'un essai clinique de phase II de son produit vedette l'efgartigimod (ARGX-113). S'ils sont positifs, Degroof Petercam pourrait augmenter de 10 à 15 euros son objectif de cours fixé actuellement à 86 euros.

Les bonds en Bourse cette semaine de Galapagos , de Mithra et de Bone Therapeutics , pour ne citer qu'eux, démontrent encore à quel point les actions des biotechs sont volatiles et peuvent s’emballer lorsque une étape menant vers la reconnaissance ou la commercialisation d’un candidat-médicament est franchie.

Dans le calendrier immédiat, c’est désormais Argenx qu’il faut surveiller de près. Son parcours boursier époustouflant - un cours multiplié par dix en quatre ans - qui l’a conduit directement dans le club select du Bel 20 recèle encore de bonnes surprises si l’on en croit les analystes.

L’objectif de cours moyen s’élève à 97,10 euros soit un potentiel de hausse de 18,3% par rapport au niveau actuel de 82,10 euros. Le broker Piper Jaffray vise même un "target" de 130 euros et un broker américain, Stiffel, vient d’entamer le suivi du certificat américain en visant un cours de 139 dollars. Ce qui explique le hausse du titre ce matin (+6,4%).

Maladies orphelines

Au cours du trimestre en cours, Argenx devrait dévoiler les principaux résultats d’un essai clinique de phase II concernant son produit vedette au nom imprononçable, l’efgartigimod (ARGX‐113). Ce produit a été développé comme traitement de maladies orphelines auto-immunes. Les affections visées sont la myasthénie grave qui touche les muscles, le pemphigus vulgaire caractérisée par des bulles intraépidermiques et la thrombocytopénie immunitaire, une maladie hémorragique.

Bien que ces maladies affectent une population relativement réduite, les traitements standards actuels sont inadéquats et présentent souvent des effets secondaires graves.

"Les résultats de la phase II de l’efgartigimod d’Argenx dans le traitement de la myasthénie grave ont apporté la première preuve d’un bénéfice médical pour le patient" souligne Stéphanie Put de Degroof Petercam. La seconde étude "preuve du concept" qui sera achevée est la phase II pour la thrombocytopénie immunitaire dont les données sont donc attendues au cours du troisième trimestre 2018. L’analyste estime que cet essai est en partie "dérisqué" en termes d’efficacité du mécanisme d’action.

Ventes de 1,4 milliard d'euros

Des médicaments récemment approuvés dans ce domaine présentaient des taux de réponse compris entre 18% et 50%. En se basant sur le prix d’un de ces traitements, Stéphanie Put estime que l’efgartigimod utilisé pour la thrombocytopénie immunitaire pourrait atteindre un pic de ventes de 1,4 milliard d’euros en 2027.

Dans cette indication, l’ARGX-113 pèse pour 15 euros de son objectif de cours de 86 euros. Mais, en fonction des résultats attendus de la phase II, elle pourrait accroître ce dernier de 10 à 15 euros. La recommandation reste à "acheter".

Rappelons pour terminer qu’Argenx a lancé, au début de ce mois, son essai clinique de phase III pour la myasthénie grave avec un premier patient traité. "Nous anticipons que le recrutement et le suivi de cet essai pourraient être achevés dans deux ans, avec un lancement potentiel du produit en 2021/2022" précise Stéphanie Put.

Le pipeline d'Argenx. ©Argenx

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