La biotech Celyad doit penser à renflouer ses caisses

Les liquidités disponibles de la biotech wallonne Celyad s’épuisent petit à petit. Elle a de quoi poursuivre ses activités jusqu’à la mi-2020 et va donc devoir penser rapidement à ses options de financement.

Les résultats de Celyad publiés jeudi soir après la clôture de Wall Street, où l’action est cotée en plus de la Bourse de Bruxelles et de celle de Paris, ont reçu un accueil plutôt frais ce vendredi matin. Le titre reculait de 6% en matinée noircissant encore plus sa mauvaise performance enregistrée depuis le début de l’année (-32%) et celle, encore plus médiocre, sur un horizon de douze mois (-56%).

D’un point de vue scientifique, les annonces contenues dans le communiqué de la biotech wallonne spécialisée dans les thérapies cellulaires CAR-T visant plusieurs types de cancers n’apportent pas de grandes nouveautés. Le principal a déjà été dévoilé lors de congrès tenus plus tôt dans l’année, soulignent les analystes financiers.

Nouvelles munitions

Si les prochains mois s’annoncent chargés en termes de "newsflow" (lire plus bas), la situation financière de la société, et plus précisément sa position de trésorerie aura sans doute besoin, prochainement, de nouvelles munitions. Fin juin, ses liquidités ne s’élevaient plus qu'à 33,7 millions d’euros.

Avec des dépenses semestrielles de 16,1 millions et aucune autre source de revenus, la biotech estime que sa trésorerie est suffisante pour poursuivre ses activités jusqu’à mi-2020, soit moins de douze mois. "Dans ce contexte, nous nous attendons à ce que la société cherche de nouvelles options de financement dans le court terme", a indiqué Degroof Petercam dans une note.

Le plus classique pour une biotech cotée en Bourse consiste, rappelons-le, en une augmentation de capital express via un placement privé. La dernière levée de fonds de Celyad remonte au mois de mai de l’année dernière. Elle a récolté 46 millions d’euros via une offre organisée aux Etats et en Europe. Les actions ont été vendues au prix unitaire de 22,29 euros.


Action au plus bas

Degroof Petercam reste à l’achat sur la valeur avec un objectif de cours de 72 euros, soit un potentiel de hausse de 560% (!) par rapport au cours actuel de 11 euros.

Chez KBC Securities, on constate aussi que le niveau de cash baisse. Les analystes maison restent à "accumuler" avec un "target" plus réaliste de 23 euros. Kepler Cheuvreux est également à l’achat avec un objectif de 19,3 euros.

Pour organiser un éventuel placement privé avec un cours de Bourse un peu moins anémique qui flirte aujourd’hui avec ses plus bas historiques, Celyad peut espérer redonner de l’allant à son action grâce aux prochaines étapes attendues dans les mois qui viennent. Pour autant qu'elles se révèlent positives.

Prochains rendez-vous

On peut en citer trois parmi d’autres, pointées dans le communiqué de presse de Celyad

Les résultats de la cohorte 11 de l’étude "Think" et de la cohorte 3 de l’essai clinique "Deplethink" évaluant son produit phare, le CYAD-01 dans la leucémie myéloïde aiguë réfractaire/récidivante, sont anticipés d’ici la fin de l’année 2019.

Tout comme les résultats additionnels de l'étude de phase 1 d’augmentation de dose "alloSHRINK" évaluant le CYAD-101 pour le traitement du cancer colorectal métastatique.

Et, enfin, le traitement du premier patient prévu pour fin septembre, avec le CYAD-01 en utilisant le procédé de production OptimAb dans l’étude de phase 1 "Deplethink".

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