Le CEO de Galapagos: "Nous voulons être dans le top 10 mondial"

Onno van de Stolpe, CEO de Galapagos. ©BELGAIMAGE

"Avant, nous voulions être le plus grand en Europe. Aujourd’hui, nous souhaitons appartenir au top 10 mondial." C’est ce qu’a déclaré Onno van de Stolpe de Galapagos, qui était la star, ce samedi, de l’événement annuel organisé par la Fédération flamande des investisseurs (VFB).

"Qui parmi vous était déjà là dès le début, en 2005, lorsque nous sommes entrés en Bourse au prix de 7 euros?" C’est avec cette question que le CEO de Galapagos , Onno van de Stolpe, a donné le coup d’envoi de sa présentation dans une salle de cinéma bondée au Kinepolis d’Anvers.

Deux ou trois investisseurs ont levé la main. "J’espère qu’entretemps vous n’avez pas vendu." Vendredi, l’action a clôturé à 103,9 euros après une hausse de 22% sur la journée. Les investisseurs ont réagi positivement après les résultats solides de la phase 3 du filgotinib un candidat traitement contre les rhumatismes.

"Nous avons fait la différence au niveau de la sécurité. Les rhumatologues veulent, bien sûr, voir remplacer l’injection hebdomadaire de leurs patients par la prise quotidienne d’une pilule. Mais ils se méfient des effets secondaires. Voilà pourquoi les résultats sur la sécurité étaient si importants et c’est spécifiquement là-dessus que le cours de Bourse a réagi", a expliqué Onno van de Stolpe.

L'action Galapagos sur les 10 dernières années. ©L'Echo

"Les rumeurs de rachat peuvent aller se reposer"

Il a souligné que le filgotinib est bien plus qu’un médicament contre les rhumatismes. Des études sont actuellement en cours, par exemple, pour le traitement de la maladie de Crohn et les inflammations chroniques de l’intestin. "Mais dans ces cas, on ne teste encore que l’efficacité du médicament. Jusqu’à présent, la sécurité du filgotinib est bonne et donc le risque d’échec dans d’autres domaines est plus faible."

Gilead se chargera de la commercialisation mondiale du filgotinib. Ce groupe est un géant pharmaceutique américain qui possède déjà 13% de Galapagos. Des spéculations sur un rachat apparaissent souvent.

Mais van de Stolpe a coupé court à cette spéculation. "Lundi, le nouveau CEO de Gilead, Daniel O’Day a pris l’avion pour un dîner. Il y a eu une bonne alchimie entre nous. Gilead respecte notre indépendance." Van de Stolpe a ajouté que sur le long terme rien ne peut être exclu. "Mais, pour le moment, les rumeurs de rachat peuvent aller se reposer."

On sait qu’Onno van de Stolpe a une peur bleue d’un rachat. Il veut développer la société sur une base indépendante et met en avant les autres traitements qui sont dans le pipeline comme ceux contre la fibrose pulmonaire ("une terrible maladie mortelle") et l’arthrose ("le cartilage entre le articulations disparaît; c’est très douloureux et il n’existe encore aucun traitement en développement pour cette affection").

Le programme Toledo

Van de Stolpe: "Et cette fois, nous pourrons vendre nous-mêmes ces médicaments à venir. Nous n’avons plus besoin de partenaires. Grâce aux royalties que nous allons recevoir de Gilead, nous pouvons financer le développement d’autres médicaments." Les liquidités de Galapagos atteignent aujourd’hui 1,3 milliard d’euros.

Ce qui, selon van de Stolpe, pourrait déterminer le développement de la valeur de l’action dans les 10 à 15 années à venir, c’est le programme Toledo. "Il s’agit d’un nouveau mécanisme de fonctionnement qui peut s’attaquer à 7 à 8 maladies en même temps."

"Les résultats des essais sur les animaux sont prometteurs. D’un côté, il peut devenir un 'gamechanger' sur le marché des maladies inflammatoires. Mais, d’un autre côté, le programme pourrait aussi mourir demain. Si, par exemple, on constate un impact sur le rythme cardiaque, c’est fini. C’est le risque de cette phase et le risque que nous sommes en mesure de supporter."

Onno van de Stolpe n’a pas caché ses ambitions. "Avant, nous voulions devenir la plus grosse biotech d’Europe. Nous y sommes plus ou moins. Nous devons donc ajuster nos ambitions. Aujourd’hui, nous visons le top 10 mondial."

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