Les analystes gardent la tête froide après le "deal" de Mithra

La première cotation de Mithra à Bruxelles en juin 2015. ©euronext_Paternoster Mathieu

Après l'accord de partenariat conclu avec Richter, KBC a relevé sa recommandation à "acheter" sur Mithra. Les quatre brokers qui suivent la valeur n'ont pas touché à leur objectif de cours.

Pour une biotech, il ne suffit pas de démontrer l’efficacité de son candidat médicament via les trois phases d’un essai clinique. Encore faut-il se mettre en ordre de bataille pour la commercialisation une fois surmonté avec succès ce parcours du combattant. Seul. Ou de préférence avec un partenaire dont c’est la spécialité.

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C’est l’étape capitale que vient de franchir Mithra avec l’Estelle, son contraceptif oral composé d’un œstrogène natif l’Estetrol.

Un bon mois après l’annonce des premiers résultats positifs de la phase III en Europe et en Russie, la biopharma liégoise a annoncé ce matin la signature d’un accord de licence et d’approvisionnement d’une durée de 20 ans avec le groupe hongrois Gedeon Richter pour ces deux régions du monde.

55 millions sans compter les ventes

L’accord prévoit le paiement d’une avance de 35 millions d’euros à Mithra à la signature du contrat et des paiements d’étape pouvant atteindre 20 millions d’euros en fonction de l’aboutissement des étapes réglementaires liées au produit. Après les essais cliniques, un candidat médicament doit en effet encore décrocher le feu vert des autorités de régulation avant d’être mis sur le marché.

En plus de ce montant maximum de 55 millions d’euros, Mithra percevra des revenus récurrents annuels garantis basés sur des quantités annuelles minimum en complément de royalties échelonnées sur les ventes nettes.

Une phase III plus capitale encore

"Le marché européen de la contraception pèse 1,6 milliard d’euros avec une part potentielle de 1,15 milliard d’euros pour les contraceptifs oraux comme l’Estelle" précisent Sandra Cauwenberghs et Lenny Van Steenhuyse de KBC Securities. Ils attendent avec intérêt les résultats de la phase III aux Etats-Unis et au Canada de l'Estelle prévus pour le premier trimestre 2019 et la désignation d’un partenaire stratégique. Ces marchés représentent un potentiel commercial deux fois supérieur à celui de l’Europe.

Les analystes ont relevé leur recommandation à "acheter" contre "accumuler" avant. Leur objectif de cours reste toutefois inchangé à 37,5 euros. De leur côté, Kempen et Kepler Cheuvreux n’ont pas modifié leur position sur la valeur. Ils restent à l’achat avec des "targets" respectives de 30 euros et de 37 euros.

Richter, un partenaire moins connu

"Nous avions tablé, dans notre modèle, sur un accord présentant des termes légèrement plus favorables" note, pour sa part, Stéphanie Put de Degroof Petercam. "De plus, le partenaire est un acteur moins connu dans ce domaine qui a commencé à développer, il y a peu de temps seulement, un réseau en Europe occidentale." Elle se demande dès lors s’il sera capable de mettre sur pied un réseau pour commercialiser un nouveau produit sur le marché européen qui est dominé par de grands noms comme Bayer.

"Nous sommes positifs sur la valeur mais nous estimons que la valorisation actuelle reflète déjà une issue positive." Elle maintient son avis à "conserver" avec un objectif de cours de 28 euros.

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