Les défis du nouveau CEO de Bone Therapeutics

©Bone Therapeutics

Miguel Forte, le nouveau patron de Bone Therapeutics aura fort à faire dans les prochains mois avec le lancement de deux essais cliniques et la recherche de capitaux frais.

Spécialisée dans les thérapies cellulaires visant les maladies osseuses, Bone Therapeutics vient de se choisir un nouveau CEO en la personne de Miguel Forte. Exit donc Thomas Liénard qui avait été désigné directeur général intérimaire après la démission d’Enrico Bastianelli. Ce dernier avait occupé le poste pendant 10 ans.

Le nouveau patron, qui connaît déjà un peu la biotech pour y avoir fait un passage éclair en 2017 dans le rôle de directeur médical, aura fort à faire.

Toute son expérience glanée à la tête d’une biotech norvégienne, à l’Agence européenne du médicament, chez UCB (où pendant 4 ans il fut vice-président global medical affairs inflammation) et chez TxCell (où il a participé à l’IPO de la société) lui sera nécessaire pour guider au mieux Bone Therapeutics sur la voie du succès.

Catastrophe en bourse

Un succès qui n’a pas vraiment été au rendez-vous  jusqu’ici. La société carolo se remet à peine du coup de massue reçu en novembre 2018. Elle avait annoncé, à cette époque, l’arrêt de l’étude de phase III de son produit phare visant l’ostéonécrose de la hanche précipitant son action dans les enfers de la bourse. Depuis son IPO en 2015 au prix de 16 euros, l’action a perdu 78% de sa valeur

Aujourd’hui, comme l’expliquait il y a peu dans nos colonnes le président du conseil d’administration Jean Stéphenne, Bone est arrivée à un tournant avec le lancement imminent de deux nouvelles études cliniques dont une de phase III. Celle-ci porte sur le JTA-004 un médicament qui vise à soulager les personnes atteintes d’arthrose modérée du genou. Les premiers patients de l’étude européenne devraient être recrutés au premier trimestre 2020. Les résultats sont attendus dans le second semestre de 2021.

Dès que ces études commenceront, nous entamerons une augmentation de capital, dont je ne peux pas vous révéler le montant.
Jean Stéphenne
Président du conseil d'administration de Bone Therapeutics

L’autre étude devrait également démarrer au début de l’année prochaine. Il s’agira d’une phase IIb pour l’évaluation de son produit de thérapie cellulaire allogénique, Allob, chez des patients présentant des fractures difficiles.

Levée de fonds en vue

Il faudra, bien sûr, financer ces projets. Les 10 millions d’euros en cash encore en caisse fin septembre, et issus notamment d’une levée de fonds de 8,5 millions d’euros réalisée en juin dernier, ne suffiront pas. À titre de comparaison, la biotech confirmait, en novembre dernier, ses prévisions d’une consommation nette de trésorerie pour l’ensemble de l’année 2019 de l’ordre de 12 à 13 millions d’euros.

Bone ne cache pas qu’elle va très prochainement tenter de garnir ses caisses. "Dès que ces études commenceront, nous entamerons une augmentation de capital, dont je ne peux pas vous révéler le montant", nous précisait Jean Stéphenne. "Si on peut trouver des prêts à long terme, on le fera également."

Le cas à l'étude chez KBC Securities

Du côté des analystes, KBC Securities ("Accumuler"; 10,5 euros) signale qu’il réexamine actuellement le cas de Bone Therapeutics à la lumière de ses deux actifs principaux l’Allob et le JTA-004. Pas de commentaire particulier, chez Kepler Cheuvreux après l’annonce de la nomination du nouveau CEO. Le broker reste à "conserver" avec un objectif de cours de 5,7 euros. Ce matin, l’action se négociait à 3,57 euros (+0,6%).

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