Mithra a bondi de 150% en 2018, stop ou encore?

Marc Coucke investisseur de Mithra et François Fornieri, CEO et principal actionnaire de la biotech. ©Photo News

Où s'arrêtera l'action de la biotech liégeoise Mithra qui est passée de 10 euros à 25 euros en l'espace de deux mois? Explications et perspectives.

C’est incontestablement la star de ce début d’année à la Bourse de Bruxelles. En un peu plus de deux mois, l’action Mithra a bondi de plus de 150% passant de 10,3 euros à 25,7 euros ce mardi matin (+9%). Plus rien n’arrête l’envolée de la biotech liégeoise qui caracole désormais bien au-dessus de l’objectif de cours moyen des brokers de 17,50 euros et de celui du plus optimiste d’entre eux, à savoir KBC Securities (20,50 euros). Sa capitalisation boursière approche d'ailleurs à grands pas du milliard d’euros avec une valorisation actuelle de 850 millions.

Le réveil de la belle au bois dormant

Pourtant Mithra n’est pas une petite nouvelle sur Euronext Bruxelles. Elle y a fait ses premiers pas en juin 2015 avec un prix de départ de 12 euros. L’action a longtemps végété en dessous de ce niveau. La belle au bois dormant s’est brusquement réveillée grâce au coup de projecteur qui a été porté sur le compartiment des biotechs belges dans la foulée des OPA annoncées sur TiGenix et Ablynx.

A la grande satisfaction de ses actionnaires petits et grands. Parmi ces derniers, on trouve l’homme d’affaires flamand Marc Coucke avec une participation de 16,81%. L’actionnaire de référence n’est autre que le CEO de la société, François Fornieri avec un bloc de 34,42%.

Les atouts de Mithra

Alors qu’est ce qui peut expliquer l’engouement inédit dont fait l’objet cette biotech liégeoise spécialisée dans la santé féminine? Et combien de temps va-t-il encore durer? On peut évoquer plusieurs éléments pour tenter de répondre à ces questions.

1. L’imminence de la publication des résultats de l’essai clinique de phase II du Donesta, un traitement visant les effets indésirables de la ménopause. Ils sont attendus pour la fin de ce trimestre voire le début du deuxième trimestre. "Le Donesta s’annonce comme un produit phénoménal " assurait, il y a quelques jours, François Fornieri dans nos colonnes. Il est susceptible de devenir un blockbuster, ce qui dans le jargon des laboratoires signifie un médicament qui génère des ventes supérieures à un milliard de dollars.

2. Même perspectives de ventes pour le contraceptif oral Estelle. Deux études de phase III sont en cours, l’une en Europe/Russie et l’autre aux Etats-Unis/Canada. Les résultats sont toujours attendus au 3e trimestre 2018 pour la première et au premier trimestre 2019 pour la seconde. En février, Mithra a fait état de résultats qu’elle estime très prometteurs concernant le profil de sécurité d’Estelle au niveau des risques de thrombose et d’embolie.

3. Mithra a mis en place sa propre plateforme de recherche, développement et de production (CDMO) et a déjà signé des partenariats de commercialisation avec des leaders en santé féminine dans plusieurs pays.

"Nous sommes à l'aise"

4. Sa trésorerie qui s’élevait à 36,2 millions d’euros fin 2017, après un placement privé de 26 millions réalisé en juin de l’année dernière devrait lui permettre de financer son exercice en cours. "Nous sommes à l’aise. Tout est extrêmement bien maîtrisé " assurait François Fornieri dans l’interview évoquée plus haut. "Avec l’excellente année 2017, on n’a pas besoin de cash, surtout si on signe des accords en 2018. Or, on va au moins en signer un."

©L'Echo

5. Les résultats de 2017 furent "exceptionnels" et "inattendus" avec un chiffre d’affaires doublé à 46,3 millions d’euros et des coûts équivalents à ceux de 2016. La nette hausse du chiffre d’affaires a été réalisée grâce aux avances et aux paiements d’étape perçus via ses partenariats stratégiques.

6. Enfin, à côté du Donesta et de l’Estelle, Mithra développe encore d’autres produits comme l’anneau vaginal contraceptif Myring pour lequel une approbation réglementaire européenne est attendue au 2e ou 3e trimestre 2018 avec un lancement prévu dans la foulée.

Biotech=prudence

Voilà. La liste de tous ces points positifs et l’envolée du titre ne doivent pas faire oublier aux investisseurs que le segment biotechs est hautement volatil et extrêmement risqué. Un simple contre-temps dans le planning des essais cliniques d’une biotech ou pire, des résultats peu ou pas concluants, sans parler de la concurrence et que sais-je encore et l’action peut être envoyée par le fond sans autre forme de procès. Autant savoir…

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n