Pour ses vingt ans, Mithra va s'offrir le plus gros accord de son histoire

Le président de la biotech, Marc Coucke (à gauche), et le CEO de Mithra, François Fornieri. ©Dries Luyten

Le spécialiste de la santé féminine a vu le chiffre d’affaires de ses activités poursuivies enregistrer une hausse de 191% au premier semestre 2019. Mithra, qui fête ses vingt ans d’existence, doit bientôt conclure un accord de licence et d’approvisionnement pour la commercialisation de son contraceptif de nouvelle génération Estelle aux USA. Un accord qui devrait être le plus important de l’histoire de la société de François Fornieri.

Mithra , le spécialiste liégeois de la santé féminine, fête ses vingt ans d’existence. Hasard du calendrier, l’entreprise biopharmaceutique doit normalement conclure d’ici quelques semaines un accord de licence et d’approvisionnement pour la commercialisation de son contraceptif de nouvelle génération Estelle aux USA.

Un accord qui devrait être le plus important de l’histoire de la société de François Fornieri. Certains évoquent même un chiffre au moins deux fois plus important que celui signé il y a un an avec le groupe hongrois Gedeon Richter pour commercialiser Estelle en Europe et en Russie. Ce qui devrait au passage déterminer le montant du deal en Europe, dont les contours étaient restés un peu flou.

La seconde partie de l’année s’annonce d’ailleurs chargée pour l’entreprise liégeoise puisque celle-ci a l’intention de déposer le dossier d’enregistrement de la pilule Estelle auprès des agences réglementaires d’ici fin 2019 et que les études de phase III pour le Donesta, le produit contre les effets néfastes de la ménopause, seront quant à elles lancées au cours du deuxième semestre, sous réserve des approbations réglementaires.

Dans l’attente de cette annonce, Mithra a communiqué jeudi ses résultats semestriels. L’entreprise a vu son chiffre d’affaires augmenter de 55% au premier semestre 2019, passant de 12,6 millions d’euros à 19,6 millions. Le chiffre d’affaires des activités poursuivies a, quant à lui, enregistré une hausse de 191%, par rapport aux 6,7 millions de juin 2018.

Notre situation financière confortable est un atout clé, elle nous permet de disposer du temps nécessaire à la conclusion du meilleur partenariat possible pour la commercialisation de notre candidat blockbuster Estelle aux États-Unis.
François Fornieri
CEO de Mithra

Pour rappel, la société s’était séparée en juillet 2018 de son portefeuille de médicaments génériques en Belgique et au Luxembourg, cédé à Ceres Pharma. La hausse du chiffre d’affaires s’explique précisément par les produits d’octroi de licences conclues avec de grands acteurs de la santé féminine.

L’entreprise biopharma a fait état dans le même temps d’une nette amélioration de l’ebitda, avec une forte progression (+78%) de -11,5 millions à -2,5 millions, "soit un niveau record pour des résultats semestriels depuis l’entrée en Bourse", s’est réjoui le CEO François Fornieri dans le communiqué.

Une inquiétude 

Un chiffre a toutefois quelque peu interpellé: celui de la perte nette, passée de 28,9 millions à 105,7 millions. L’explication? Les résultats positifs de la phase III pour Estelle et le passage à la phase de préparation du dossier de soumission, qui ont considérablement augmenté les probabilités de succès d’une commercialisation du contraceptif.

©Debby Termonia

Plus ce traitement remporte du succès, plus les paiements d’étapes et les royalties pour les anciens propriétaires du produit seront en effet élevés pour Mithra, qui doit les inscrire dans ses résultats. "Il y a donc davantage de possibilités de payer des royalties à Uteron. Nous devons inscrire ce passif éventuel, ces earn outs, en perte. C’est comme cela.Ce sont les normes IFRS qui imposent cela aux sociétés cotées. On doit le prendre dans nos comptes comme si on avait sorti cet argent", nous a indiqué François Fornieri, qui ajoute que Mithra était par ailleurs en train de renégocier le calendrier des accords de royalties avec Uteron.

Ce poste n’a aucun effet sur la trésorerie a encore fait valoir le CEO. Une réserve de cash qui se porte plutôt bien: l’entreprise peut se montrer sereine, avec 77,5 millions d’euros en caisse. Ce qui, selon François Fornieri, permet d’assurer de nouveaux développements en recherche et développement. Mithra cherche notamment à élargir le portefeuille des projets Estetrol (E4), l’œstrogène natif unique à la base d’Estelle et du Donesta.

Mithra a également conclu en début d’année un contrat avec le groupe Ceva Santé Animale pour le développement d’un dispositif hormonal destiné au marché vétérinaire.

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