Mithra prépare un nouveau "blockbuster", le titre grimpe

François Fornieri, la CEO de Mithra. ©LAURIE DIEFFEMBACQ

La biopharma Mithra va mettre au point un traitement visant à soulager les effets indésirables qui peuvent apparaître lors de la périménopause. Le titre grimpait de 10% en matinée.

Spécialisée dans la santé féminine, Mithra avait déjà trois fers sur le feu, comprenez trois produits en phase de développement. La pilule contraceptive Estelle, le Donesta, un traitement contre les effets indésirables de la ménopause et le Myring, un anneau contraceptif.

La biopharma vient d’en ajouter un quatrième, le PeriNesta qu’elle considère comme un blockbuster potentiel, soit un traitement générant un chiffre d’affaires d’au moins un milliard de dollars. L'action grimpait de 10% en matinée.

Le lancement du PeriNesta est prévu dès 2023 avec un marché potentiel estimé au minimum à 18 millions de patients annuellement pour les Etats-Unis et quelques marchés européens (France, Royaume-Uni et Allemagne). Comme le Donesta et l’Estelle, il est basé sur l’Estetrol (E4) mais vise cette fois la périménopause, une période qui débute environ trois ans avant la ménopause et prend fin un an après les dernières règles.

Plus précisément, il est destiné à soulager les bouffées de chaleur ou les symptômes vasomoteurs tout en procurant un moyen de contraception efficace aux femmes qui quittent l’âge de procréation et entrent dans la période de la postménopause.

Un traitement tout au long de la vie

"Avec cette annonce, nous voyons un positionnement commercial potentiel clair des produits de l’Estetrol comme un traitement hormonal sûr tout au long de la vie des femmes", soulignent Sandra Cauwenberghs et Lenny Van Steenhuyse de KBC Securities. "L’Estetrol pourrait apporter une solution toute une vie durant pour les femmes qui n'auraient plus besoin de changer de médicament. Cela accroîtrait l’adhésion des patientes et les ventes potentielles", ajoutent les analystes. Leur recommandation reste à "acheter" avec un objectif de cours de 33 euros.

Mithra va lancer une étude de sécurité pour le PeriNesta dont le coût ne devrait pas dépasser les 20 millions d’euros car elle va utiliser des données cliniques existantes. Une demande de brevet international supplémentaire a également été déposée. Si elle est acceptée, elle consolidera la propriété intellectuelle relative à l’E4 pour la ménopause et la périménopause et l’étendra jusqu’en 2039 contre 2032 actuellement.

Forte concurrence

Concernant le Donesta, la société dirigée par François Fornieri a, dans le même temps, signalé que le début du recrutement des patients pour la phase 3 en monothérapie est planifiée pour le deuxième semestre 2019 en fonction des approbations avec une autorisation de mise sur le marché prévue dès 2023.

"Mithra est encouragée par les données relatives au Donesta pour la ménopause ce qui amène la société à s’étendre vers la périménopause et à accélérer la phase 3 du Donesta", relève Stéphanie Put de Degroof Petercam. "Toutefois, nous restons prudents à ce stade en raison de la forte concurrence et des résultats solides dans des approches ciblées pour cette indication", tempère l’analyste qui reste à "conserver" sur l’action avec un objectif de cours de 28 euros. Elle estime que la position de liquidité de la biopharma lui permettra de couvrir les dépenses des essais cliniques planifiés et ceux en cours.

À propos de la pilule contraceptive Estelle, on peut rappeler que Mithra attend une autorisation de mise sur le marché en Europe et qu’elle a déjà trouvé un partenaire pour la commercialisation dans cette région. Les résultats de la phase 3 de l’essai clinique pour les Etats-Unis et le Canada sont attendus pour le premier trimestre 2019.

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