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Olivier Legrain (IBA): "Sur la première partie de l'année, nous avons 100% de parts de marché"

Olivier Legrain, CEO d'IBA. ©BELGA

IBA, qui a vu sa perte se creuser au premier semestre, table toujours sur un bénéfice net pour l'ensemble de l'exercice. Interview avec Olivier Legrain, son CEO, à l'occasion de la publication des chiffres semestriels.

Entretien avec Olivier Legrain, CEO d'IBA , à l'occasion de la publication des chiffres semestriels.

Quels enseignements tirez-vous de vos derniers résultats?

Nous sommes exactement sur la trajectoire fixée à la fin de l’année dernière, qui vise notamment à un retour à l’équilibre sur l’ensemble de l’année. Parmi nos objectifs, il y avait la réduction des coûts, pour s’adapter aux réalités du marché, qui est plus variable qu’attendu. On a vraiment voulu faire un effort en ce sens. On a aussi voulu faire cela sans compromettre la productivité que l’on veut développer sur les projets, c’est-à-dire être capables de continuer à améliorer notre capacité d’exécution des projets et bien sûr continuer à être présent sur les marchés pour continuer à assurer le leadership d’IBA par rapport à l’environnement compétitif.

Les chiffres montrent que l’on a fortement réduit les coûts par rapport à l’année dernière. On a aussi continué à améliorer nos paramètres d’exécution en continuant à être bien meilleurs que tous nos compétiteurs pour délivrer ces machines, mais également en termes d’installation. De ce point de vue, le carnet de commandes d’IBA, dans son exécution, est bien sous contrôle.

IBA creuse sa perte au premier semestre

À l’issue du premier semestre, IBA a vu ses ventes se contracter de 24,4% à 114,7 millions d’euros. Le Rebitda, pour sa part, fond de 113,4% et passe dans le rouge à -0,7 million d’euros contre 5,3 millions un an plus tôt. L’Ebit récurrent accentue la tendance: il atteint -4,5 millions d’euros contre 1,9 million. IBA note toutefois "une forte amélioration du Rebit" en comparaison avec le second semestre et la fin de 2017. Au final, la perte se creuse à -7 millions d’euros pour -4,7 millions pour le premier semestre 2017.

Pour le deuxième semestre de l’année, IBA réitère ses prévisions, à savoir un Rebit positif et un bénéfice net pour l’exercice 2018.

De son côté, le carnet de commandes atteint près d’un milliard d’euros.

IBA rappelle qu’il est en train d’envisager différentes options stratégiques pour sa division Dosimétrie, dont la vente, une fusion, une introduction en Bourse ou le maintien de l’activité, et prévoit d’en informer le marché d’ici la fin de l’année.

S.W.

Mais on assiste néanmoins à un nouveau recul des ventes…

Je suis satisfait au niveau opérationnel, mais on n’est pas encore arrivé à notre objectif de retour à un Rebit et à un net profit. On a une perte sur la première moitié de l’année, mais qui ne nous fait pas revoir nos objectifs de l’année. Si on compare les six mois au deuxième semestre 2017, grâce aux efforts et à l’amélioration des performances et de la productivité, on a fortement réduit ces pertes.

Par ailleurs, le planning de réalisation des projets était balancé, avec un premier semestre affichant une activité (les installations que l’on commence) moins forte. On savait depuis le début que l’on aurait plus d’installations qui commenceraient à la deuxième moitié de l’année par rapport à la première moitié. On n’est pas surpris et on est tout à fait sur nos objectifs pour la réalisation du backlog.

On a une conversion du carnet de commandes qui est plus faible sur le premier semestre, mais qui va s’accélérer sur le deuxième semestre. Nous estimons aussi pouvoir activer plus de projets dans la seconde moitié de 2018, ce qui nous permet d’être confiant dans notre guidance au marché, à savoir un retour à la profitabilité pour l’ensemble de 2018.

Et pour les autres business unit?

Je suis aussi positif pour les autres business unit, comme celle que l’on appelle "autres accélérateurs", les accélérateurs pour la médecine nucléaire ou pour la stérilisation du matériel médical. Elles ont surperformé pour la première partie de l’année en termes de prises de commande avec 11 accélérateurs, ce qui n’est pas loin du potentiel d’une année record. Ce qui est plutôt de bon augure pour l’année prochaine.

Comment envisagez-vous l’avenir de la dosimétrie ?

Pour la dosimétrie, on s’attend à avoir aussi une meilleure performance sur le deuxième partie de l’année. On confirme dans le même temps que nous sommes en train de travailler sur une revue stratégique. Avec la conclusion potentielle qu’IBA pourrait considérer différents scénarios, comme une vente, une fusion ou quelque chose d’autre. On pense que la dosimétrie a besoin d’un nouvel élan et nous sommes en train de considérer différentes alternatives, même si nous pensons que le portefeuille dosimétrie est tout à fait compétitif et pourrait rester dans le groupe.

Est-ce que le problème de la concurrence continue à s’aggraver?

Sur la période, il s’est vendu 5 salles de protonthérapie et c’est IBA qui a signé les 5 contrats. Un seul est activé, mais nous sommes confiants que les autres contrats vont se concrétiser pendant la seconde partie de l’année. Nous voyons bien que d’un point de vue compétitif, il n’y avait rien de structurel dans la situation de l’année dernière.

Lorsqu’IBA fait valoir ses arguments, nous sommes tout à fait capables de consolider nos parts de marchés, puisque sur la première partie de l’année, nous avons 100% de parts de marché. Ce qui est aussi encourageant, c’est qu’on a les premiers résultats d’opérations cliniques de nos clients: sur une année, on parvient à installer très rapidement, ce qui permet à nos clients de traiter plus tôt que s’ils travaillaient avec la concurrence.

De surcroît, lorsque les appareils sont opérationnels, nos clients arrivent à dépasser leurs objectifs cliniques. Alors que nos concurrents font plutôt face à des promesses qu’ils n’arrivent pas à tenir. De ce point de vue là, la situation s’est clairement améliorée sur la première moitié de l’année.

Le marché de la protonthérapie continue donc fondamentalement à tenir ses promesses ?

Tout à fait. Nous avons l’exemple aux Etats-Unis d’un centre qui a traité beaucoup plus de patients que prévu et leur mix de patients est très large. Ils ont traité des tumeurs du cerveau, de la prostate, du poumon… qui sont des indications pour lesquelles nous pensons –et nous sommes de plus en plus nombreux à le penser au sein du monde de la radiothérapie-, que la protonthérapie peut faire une réelle différence en termes de traitement et en termes de qualité de vie du patient.

Car la protonthérapie a le potentiel de contrôler la tumeur, mais avec une toxicité qui est moindre. Nous avons de plus en plus de références qui permettent de le démontrer et qui sont convaincantes pour des prospects qui sont sur le point de se lancer en protonthérapie. On le voit notamment aux USA, un marché qui est plus dynamique que l’année dernière.

Où en est le projet wallon de centre de protonthérapie?

Il y a eu plusieurs questions parlementaires à ce sujet et les ministres ont confirmé que le projet avançait, qu’il était financé et que la partie du bâtiment qui semblait poser problème au niveau des ressources était financée. Les indicateurs sont au vert et on s’attend à pouvoir finaliser ce contrat dans les mois qui viennent.

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