OPA sur Ablynx: les scénarios possibles

Edwin Moses, le CEO d'Ablynx. ©Lieven Van Assche

Ablynx a rejeté, par deux fois, les propositions de rachat de Novo Nordisk. La balle est désormais dans le camp du géant pharmaceutique danois qui tente de mettre la pression sur la biotech belge en rendant publiques ses tentatives avortées. Le titre a clôturé en hausse de 45,28% à 30,80 euros à la Bourse de Bruxelles ce lundi.

Quel début d’année pour les biotechs belges! Après l’annonce, vendredi, d’une offre de rachat amicale de Takeda sur TiGenix qui a fait bondir le cours de l’action de 75% en une seule séance, un autre géant pharmaceutique a dévoilé ses vues sur une biotech belge. Mais cette fois, on change de division. Si l’offre sur TiGenix tourne autour du demi-milliard d’euros, celle que souhaite lancer Novo Nordisk valorise Ablynx à 2,6 milliards d’euros.

Mais rien ne dit qu’elle aboutira, du moins au prix maximum actuel de 30,5 euros. Face à son partenaire et désormais prédateur, Ablynx a dit non. Deux fois. Niet au premier prix de 26,75 euros proposé le 7 décembre et niet encore, deux semaines plus tard, pour l’offre dévoilée aujourd’hui.

On ne peut pas arrêter une offre knock-out.
Edwin Moses
CEO d'Ablynx

Ce qui intéresse particulièrement le géant pharmaceutique danois c’est le caplacizumab. Ablynx a publié en octobre dernier des résultats positifs de la phase III de son essai clinique de ce nanobody visant le traitement du purpura thrombocytopénique thrombotique (PTT), une maladie sanguine rare. Et dans la foulée, elle a levé 230 millions d’euros par le biais d’une introduction sur le Nasdaq. Mais le "capla" n’est pas le seul nanobody (des traitements développés à base d’anti-corps de lamas) développés par la biotech gantoise. Actuellement, huit d’entre eux sont en phase de développement clinique et visent une maladie respiratoire, le psoriasis, le cancer, l’inflammation, une maladie du sang (PTT) et l’immuno-cancérologie.

Que va-t-il se passer maintenant?

En début d'après-midi, Ablynx a publié un communiqué de presse dans lequel la biotech annonce officiellement qu’elle est opposée à cette offre. On voit mal comment il pouvait en être autrement. Les CEO des deux sociétés se sont rencontrés le 5 janvier dernier. Le conseil d’administration n’a même pas ouvert la porte à d’éventuelles discussions. Soulignons que ce dernier est constitué, à sa très grande majorité, d’administrateurs indépendants.

La biotech estime que l'offre de Novo Nordisk "sous-évalue fondamentalement la société et ses perspectives de développement".

Pour Novo Nordisk, il reste désormais trois possibilités.

1. Il majore, une troisième fois, son offre.

2. Il renonce à son offre.

3 Il lance son OPA hostile aux conditions actuelles. Sur le papier elle pourrait réussir. Le flottant (c’est-à-dire les titres qui n’ont pas fait l’objet d’une déclaration de transparence) atteint 58%. De plus, l'actionnariat est très morcelé : 42% repartis sur huit actionnaires. Les deux principaux sont Van Herk Investments et le gestionnaire de fonds FMR avec chacun 8%. Pour se prémunir d'une telle offre hostile Ablynx peut faire appel à un chevalier blanc qui prendrait une part significative du capital.



Le scénario de rêve

Si elle refuse absolument d'intégrer le giron de Novo Nordisk, Ablynx pourrait également envisager une fusion. Il y a cinq ans, son CEO et celui de Galapagos ont mené des discussions en ce sens, ont-ils révélé lors d’une interview accordée au Tijd en décembre dernier. Mais, depuis lors, les deux sociétés ont avancé, chacune de leur côté, sur le chemin du succès.  Edwin Moses, le CEO d’Ablynx avait fait également la déclaration suivante qui sonne aujourd’hui comme un message à Novo Nordisk : "On ne peut pas arrêter une offre knock-out."

Enfin, rien n'interdit de voir un autre candidat sortir du bois et de se lancer dans des enchères. Le scénario de rêve pour les actionnaires...

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