Plus opéable que jamais, Galapagos entre dans la cour des grands

Onno Van de Stolpe, CEO de Galapagos. ©Thomas De Boever

L'efficacité et la sécurité du filgotinib, le produit phare de Galapagos, dans le traitement de l'arthrite rhumatoïde ont été démontrées à l'issue de plusieurs essais cliniques de phase III. Le processus pour la mise sur le marché va débuter. Désormais "dé-risquée", la biotech est plus opéable que jamais.

Malgré les craintes manifestées ces derniers jours sur le marchés avec une action mise sous pression, Galapagos ( et son partenaire Gilead) a bel et bien franchi une étape décisive dans le développement de son produit-phare. A l’issue de plusieurs essais cliniques dont ceux de Finch 1 et Finch 3 qui ont été dévoilés jeudi soir, le filgotinib a démontré son efficacité et sa sécurité dans le traitement de l’arthrite rhumatoïde (rhumatismes). La voie vers la commercialisation est désormais ouverte. Le marché a salué cette performance : le titre grimpait de 15% à 97,6 euros en début de séance.

"Les données disponibles portent désormais sur 2088 patients qui ont été traités avec le filgotinib" précisent Sandra Cauwenberghs et Lenny Van Steenhuyse de KBC Securities ("acheter"; objectif de cours relevé à 124 euros contre 113 euros). En ce qui concerne son efficacité, associé avec un autre traitement, le methotrexate il s’est montré plus efficace que le placebo avec ce même methotrexate.

En comparaison avec le produit concurrent d’AbbVie, l’adalimumab plus du methotrexate, l’efficacité s’est révélée comparable.

Ventes de 3,8 milliards d'euros

Quant aux effets secondaires, là où le filgotinib est supposé faire la différence face aux autres traitements de la même classe, ils sont faibles, de "manière impressionnante" souligne Jefferies ("acheter"; 120 euros). Citi ("acheter"; 115 euros) partage cet avis. "L’efficacité est en ligne avec les autres inhibiteurs de Janus kinase mais ce qui est le plus important c’est que le profil de sécurité semble afficher un avantage par rapport à la concurrence."

Même interprétation des résultats de sécurité par Stéphanie Put de Degroof Petercam ("acheter")  qui estime le pic des ventes potentiel du filgotinib pour le traitement de l’arthrite rhumatoïde à 3,8 milliards d’euros. Elle a relevé son objectif de cours qui passe de 125 euros à 136 euros.

"La société espère déposer son dossier en 2019 pour une mise sur le marché en Europe et au Japon", précise l’analyste. "Gilead a déjà signalé qu’il allait approcher la FDA avec les données de Finch pour débuter les discussions sur le profil risque/bénéfice en attendant les résultats de l’étude Manta."

L’efficacité et la sécurité démontrées par les études Finch pour le filgotinib dans le traitement de l’arthrite rhumatoïde aura, par ailleurs, un effet secondaire positif. "Cela ouvre la voie pour une utilisation potentiellement sûre du filgotinib dans d’autres affections inflammatoires comme la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse pour lesquelles des phases III sont actuellement en cours" avancent les analystes de KBC Securities.

Opéable mais...

Précisons qu’avant de se retrouver dans les pharmacies, le filgotinib devra encore décrocher l’approbation des autorités sanitaires en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Un processus qui prend au moins plusieurs mois. Et pour que le succès soit au rendez-vous, avec des revenus significatifs à la clé, il faudra aussi que ce traitement soit remboursé par les mutuelles ou assureurs santé.

En attendant, Galapagos est désormais ce que l’on appelle une biotech "dé-risquée" et peut aiguiser les appétits de grands groupes pharmas, son partenaire et actionnaire (avec 12,4%) Gilead en tête. Si le patron de Galapagos qui ambitionne de transformer la société en groupe pharmaceutique ne veut pas entendre parler d’OPA, le tour de table actuel de la biotech laisse la porte ouverte à un tel scénario.

L'actionnariat de Galapagos. ©Galapagos

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