Pour sortir de l'ornière, Asit Biotech cherche des partenaires tous azimuts

©Jonas Roosens

Alors que l'action s'est effondrée de près de 70% en un an, le nouveau CEO d'Asit Biotech a décidé de concentrer ses efforts sur le produit-phare de la société. Les partenariats recherchés à différents niveaux permettront aussi de remplir les caisses.

Le temps n’est plus aux tensions entre actionnaires chez Asit Biotech . Une assemblée marathon qui a eu lieu en décembre a redistribué les cartes et c’est désormais Michel Baijot qui tient les rênes de cette biotech spécialisée dans le traitement des allergies par l’immunothérapie.

Sa stratégie validée par le conseil d’administration est claire. Focaliser les efforts et les ressources de la société sur son produit le plus avancé, le gp-Asit+ qui cible le traitement de la rhinite allergique aux pollens de graminées.

Concurrence féroce

Après avoir été recalé, en juin 2017, par les autorités sanitaires allemandes, le gp-Asit+ fait l’objet d’une seconde phase 3 qui a débuté ce mois-ci. L’objectif est de décrocher le feu vert en 2020 pour le commercialiser en Europe et ensuite aux Etats-Unis.

Le CEO, Michel Baijot nous a par ailleurs confirmé que la volonté affichée en novembre dernier par l’ancienne direction de rechercher un partenaire stratégique pour la commercialisation du gp-Asit+ était toujours d’actualité. "Surtout aux Etats-Unis, nous a-t-il précisé. En Europe, nous procéderons pays par pays, l’Allemagne et la France étant les plus importants."

Pour le reste de ses produits en développement qui visent les allergies respiratoires (acarien, pollen de cèdre du Japon, pollen de bouleau) et alimentaires -Asit finalise le développement préclinique contre l’allergie aux arachides-, le mot d’ordre est ici aussi "partenariat".

"Certaines sociétés bien connues dans le domaine des allergies se concentrent sur les produits alimentaires. L’allergie aux arachides occupe une place centrale et est cliniquement la plus avancée", soulignent Sandra Cauwenberghs et Lenny Van Steenhuyse de KBC Securities. "Comme la concurrence dans ce domaine est féroce, nous apprécions la nouvelle stratégie."

Remplir les caisses

Mais les analystes, qui restent à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours inchangé de 2 euros, se montrent prudents face aux nouvelles orientations prises par la biotech bruxelloise. "Il reste beaucoup d’incertitudes comme l’impact des restructurations sur les dépenses ainsi que la rapidité et les termes auxquels les partenariats potentiels pourront se matérialiser."

Selon les derniers chiffres disponibles, la trésorerie d’Asit s’élevait à 13,5 millions d’euros au 30 juin 2018. Elle est renforcée par 12 millions d’euros issus d’un placement privé d’obligations convertibles qui lui sont payés en 20 tranches égales sur 20 mois. Sur les six premiers mois de 2018, les charges d’exploitation se sont élevées à 5,7 millions d’euros.

Pour remplir les caisses, Michel Baijot voit deux options. "Soit on sollicite le marché, soit on récolte de l’argent via des partenaires. Pour ma part, je suis fort tourné vers les partenariats."

En Bourse, le titre prenait 6% peu avant 11h à 1,49 euro, ce qui est bien peu de choses par rapport à l’effondrement cours de 68% constaté sur les douze derniers mois…

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