Pourquoi l'action UCB flanche malgré un succès aux USA

Jean-Christophe Tellier, le CEO d'UCB. ©Dieter Telemans

UCB a reçu l'accord de la FDA pour commercialiser l'Evenity, un traitement contre l'ostéoporose. Une décision européenne est attendue dans les prochains mois. Mais l'action cédait 2% en fin de matinée. Explications.

Les déboires rencontrés par UCB avec le romosozumab en mai 2017 qui avaient provoqué une chute de 18% de l’action en une séance semblent bel et bien appartenir au passé. Mais ce n'est pas l'euphorie, non plus.

Après le feu vert obtenu en début d’année auprès des autorités sanitaires japonaises pour l’Evenity (nom commercial du romosozumab )UCB et son partenaire Amgen viennent de décrocher celui de son homologue américaine, la FDA.

Avertissement sur la boîte

Ce n’est qu’une demi-surprise dans la mesure où un comité spécialisé de la FDA avait déjà recommandé en janvier, et à la quasi-unanimité, l’approbation de ce traitement qui vise l’ostéoporose auprès des femmes ménopausées présentant un risque élevé de fracture. Aux Etats-Unis, une femme sur deux de plus de 50 ans souffrira d’une fracture ostéoporotique.

Au cours de son examen du profil/risque du romosozumab, ce comité s’est penché plus particulièrement sur les essais cliniques "Frame" et "Arch" ainsi que sur le signal de sécurité cardiovasculaire mis à jour en 2017 qui avait provoqué un mini-crash de l’action.

Aux USA, le médicament sera donc commercialisé avec un avertissement mis en évidence sur l’emballage signalant une augmentation du risque de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de mort cardiovasculaire. Un suivi de ces risques devra être effectué pendant cinq ans.

Quatre freins

Stéphanie Put de Degroof Petercam ("conserver" ; 68 euros) pointe plusieurs facteurs qui, en dépit du bon positionnement d’Amgen sur le terrain de l’ostéoporose, pourraient freiner le développement commercial de l’Evenity. Un : vu son profil risque/bénéfice, le traitement ne sera donné qu’aux patientes présentant un risque significatif de fracture. Deux : l’avertissement sur l’emballage. Trois : la concurrence d’autres traitements génériques ou biosimilaires. Quatre : l’Evenity devra être administré par un professionnel de la santé ce qui pourrait en rebuter plus d'une.

Le marché semble du même avis que l'analyste: le titre cédait 2% en fin de matinée.

Blockbuster

Chez KBC Securities, Sandra Cauwenberghs et Lenny Van Steenhuyse voient un déploiement commercial mondial de l’Evenity après l’accord obtenu auprès de la FDA. Le produit d’UCB est actuellement à l’examen en Europe-une décision est attendue avant la mi-2019-au Canada, en Australie, au Brésil et en Suisse.

Ils anticipent des ventes dignes d’un "blockbuster" avec un pic de chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, à repartir entre les partenaires. "Comme nous ne prévoyons pas de décision négative en Europe étant donné le feu vert reçu au Japon et aux Etats-Unis, nous avons revu notre probabilité de succès à 100% contre 75% avant, ce qui porte notre objectif de cours à six mois à 86 euros contre 84 euros. Nous maintenons notre recommandation à 'acheter'".

A côté de l’approbation de l’Evenity en Europe, UCB attend les résultats de trois essais cliniques indépendants de phase III portant sur le bimekizumab dans le traitement du psoriasis d’ici la fin de l’année. La FDA doit également se prononcer, dans les prochains mois, sur le Midazolam, un spray nasal pour les victimes de crises d’épilepsie répétées et aiguës.

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