analyse

Un "deal royal" pour Galapagos

©Bloomberg

Le marché et les analystes applaudissent l'accord de 5 milliards de dollars conclu entre Galapagos et le groupe pharmaceutique américain Gilead.

Quel coup de maître! En plus d’être le patron emblématique de Galapagos depuis des années, Onno van de Stolpe apparaît comme un brillant joueur d’échecs.

Attaché à tout prix à l’indépendance de son entreprise pour laquelle il affiche d’énormes ambitions, il a conclu un deal historique avec Gilead, le groupe pharma qui constituait la principale menace d’OPA. Dans le même temps, la collaboration plus étroite en termes de recherche, d’influence et de capitaux entre les deux partenaires rend totalement improbable l’hypothèse d’un rachat par un tiers. Du grand art.

Tout comme le marché – l’action a grimpé jusqu’à 151,40 euros en matinée (+18%) – les analystes financiers ont applaudi cet accord annoncé dimanche soir.

Le meilleur des deux mondes

"Cette collaboration combine le meilleur des deux mondes", souligne-t-on du côté de Degroof Petercam ("acheter"; objectif de cours de 136 euros). "Galapagos dispose dorénavant d’une solide position de cash et du soutien de Gilead. Elle peut accélérer ses programmes cliniques et booster sa recherche. D’un autre côté, tout rachat ne devrait plus être à l’ordre du jour pendant 10 ans."

"C’est un deal royal pour Galapagos", embrayent Lenny Van Steenhuyse et Sandra Cauwenberghs de KBC Securities. "Le paiement de 5 milliards de dollars en cash et en actions plus les paiements d’étape prévus sur des programmes en cours donnent à Galapagos les moyens de poursuivre ses activités de manière synergique avec Gilead. Et cela tout en ayant l’opportunité de développer une expertise commerciale en Europe." Ils ont relevé leur objectif de cours à 145 euros contre 128 euros avant. Le conseil reste à "acheter".

Objectif de cours de 165 euros

Pour Citi ("acheter" ; 140 euros), cet accord dé-risque la biotech et marque "une étape significative vers la constitution d’une société pharmaceutique indépendante". Le broker estime que Galapagos est une biotech unique et innovante et que le marché sous-estime l’importance du filgotinib, la molécule phare du groupe, dans la maladie de Crohn, en particulier.

De son côté, JP Morgan a relevé son objectif de cours de 125 à 165 euros, le plus élevé parmi les brokers qui suivent l’action. Le "target" moyen atteint 125,9 euros soit nettement sous le cours actuel. Tous les analystes recommandent un achat du titre à l’exception de Goldman Sachs qui est à "conserver" avec un objectif de cours de 108 euros.

Comme par hasard...

Une petite ombre à ce tableau idyllique. Depuis le 7 juin, le titre Galapagos n'a quasiment pas cessé de grimper passant de 103 euros à 128,15 euros vendredi dernier, soit une hausse de près de 25% en un peu plus d'un mois sans qu'aucun communiqué ou information ne viennent justifier ce mouvement. Bizarre, bizarre...

Le deal en un coup d’œil
  • Galapagos reçoit 3,95 milliards de dollars en cash.
  • Gilead va investir pour 1,1 milliard de dollars dans le capital de Galapagos au prix de 140,59 euros par action. Sa participation passera de 12,3% à 22%. Elle pourrait passer jusqu’à 29,9% via l’exercice de warrants.
  • Gilead accepte une période de moratoire de 10 ans.
  • Gilead disposera d’une licence exclusive et de droits d’option pour commercialiser tous les programmes actuels et futurs de Galapagos dans tous les pays hors Europe. La collaboration sur le filgotinib est amendée.
  • Gilead aura accès à tout le know-how scientifique de Galapagos et disposera de deux sièges au conseil d’administration.
  • Si le GLPG1690 est approuvé aux USA Gilead payera 325 millions de dollars à Galapagos. Gilead disposera d'une option pour le GLPG1972 aux USA pour 250 millions de dollars.

 

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