Une biotech cotée à Bruxelles s'effondre de plus de 50%

©REUTERS

Journée noire pour une société de biotechnologies cotée sur Euronext Bruxelles. Elle a chuté de plus de 50% quand l'action a pu enfin être cotée vers 10h30. Diagnostic d'une catastrophe.

Dans le segment des biotechs cotées, on pense souvent que le plus gros est fait lorsqu’un candidat traitement franchit un essai clinique de phase III. La société est qualifiée de "dé-risquée" et peut faire l’objet d’une OPA comme ce fut le cas avec Ablynx et TiGenix.

Le cas d’Acacia Pharma démontre que cela ne coule pas de source et que des écueils particulièrement tranchants peuvent encore causer d’énormes dégâts en Bourse.

Cotée sur Euronext Bruxelles depuis mars 2018, cette société anglo-américaine est spécialisée dans les anti-vomitifs et les anti-nauséeux à destination des hôpitaux.

Le Barhemsys, son produit-phare, utilisé dans des situations post-opératoires via une injection, avait déjà subi sans encombre quatre essais cliniques de phase III. L’ambition affichée par Acacia était de décrocher le feu vert des autorités sanitaires américaines, la FDA, fin 2018 et de lancer la commercialisation au cours du premier semestre 2019.

Tout semblait rouler pour le mieux jusqu’à un courrier de la FDA reçu en octobre de l’année dernière. Le régulateur y mentionnait des déficiences constatées dans le processus de production de l’amisulpride, le principe actif du Barhemsys auprès du contractant responsable. Cela ne mettait pas en cause la pureté ni la stabilité du produit et aucune réserve n’avait été mentionnée sur les données cliniques.

Un mois plus tard, après avoir pris des mesures avec son partenaire pour rectifier ces insuffisances, Acacia a envoyé une nouvelle demande de commercialisation pour son anti-vomitif auprès de la FDA.

Coup de massue

La réponse dévoilée ce vendredi matin constitue un coup de massue pour la biopharma qui a dégringolé de plus de 50% à la Bourse de Bruxelles quand un cours a enfin pu se former vers 10h30.

L’organisme américain a encore une fois constaté des déficiences dans le procédé de fabrication à la grande stupéfaction des responsables de la société. "Nous sommes extrêmement déçus que le sous-traitant n’a pas encore été capable de rencontrer les standards exigés par la FDA", a indiqué le Dr Julian Gilbert, le CEO d’Acacia dans un communiqué. La biopharma est déjà en chasse pour trouver un autre partenaire pour la production. Elle ne donne plus de date pour le lancement de la commercialisation.

"Le transfert de production et le processus d’approbation prendront au moins 12 mois", estime, pour sa part, Stéphanie Put de Degroof Petercam. Un retard qui va forcément peser sur la trésorerie qui s’élevait à 29 millions de livres fin 2018. L’analyste qui était à l’achat sur la valeur avec un objectif de cours de 4,8 euros va revoir sa position à la lumière de ces derniers développements.

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