A Forest, la gouvernance Ecolo fait tache

©doc

Une vidéo de campagne utilisant des lieux appartenant à la commune et au CPAS font grincer des dents. Les négligences du président du CPAS, aujourd’hui tête de liste Ecolo, sont pointées par la tutelle régionale.

Nouvelle anecdote de campagne à Forest. La liste Ecolo a été prise la main dans le sac la semaine dernière pour avoir utilisé des biens publics à des fins de campagne électorale sans avoir demandé la moindre autorisation. Objet du litige, une vidéo – aujourd’hui effacée de Facebook -  mettant en scène la tête de liste Ecolo Stéphane Roberti et sa colistière, l’échevine Mariam El Hamidine. Pour ce tournage, le premier cité n’a apparemment pas hésité à se faire ouvrir les portes de la maison de repos, le Val des roses, une institution dépendant du CPAS de Forest dont il est président depuis plus de 10 ans.

Dans le petit film, on voit le candidat bourgmestre déambuler avec l’échevine à travers les couloirs du home en vantant l’organisation des lieux pour les personnes âgées désorientées. Une belle action du CPAS à mettre à l’actif de la présidence écologiste? La deuxième et dernière étape du film est une petite propriété communale où s’est niché un potager participatif. L’échevine El Hamidine s’y met en scène – elle récolte des chicons – en louant cet instrument de cohésion sociale. La fréquentation de ce lieu étant strictement encadrée, on ne voit guère que l’autorité échevinale lui permettant cette récolte électoraliste très privée. Contactée, l’échevine ne se souvient plus de rien. Elle a oublié quand ce tournage a eu lieu, dit-elle confusément. La vidéo a été diffusée le 10 septembre.

Côté commune, on s’étonne. Le bourgmestre Marc-Jean Ghyssels (PS) confirme que ces tournages n’ont pas fait l’objet d’une demande d’autorisation au collège échevinal. Il en est de même au CPAS. Une légèreté "surprenante pour un parti qui prétend laver plus blanc que blanc", dit le bourgmestre. "Imagine-t-on notre échevine de l’Enseignement se promener dans les écoles communales pour tourner des vidéos électorales? C’est pourtant élémentaire", ajoute-t-il.  Depuis ce week-end, la vidéo n’est plus visible sur Facebook. Stéphane Roberti n’a pas donné suite aux demandes de réaction de L’Echo.

 

Deux ministres recadrent le président-tête de liste Roberti

Les affaires de la tête liste Ecolo ne s’arrangent pas non plus au niveau du CPAS. On rappellera que la présidence de Stéphane Roberti a été  secouée par des accusations de mauvaise gestion émanant de la majorité comme de l’opposition. Le climat était tel que la Commission communautaire commune (Cocom), qui exerce un pouvoir de tutelle sur les CPAS, avait fini par envoyer une inspection.

Les conclusions de l’administration des pouvoirs locaux, dûment signées par les ministres Céline Fremault (cdH) et Pascal Smet (SP.A) ont été envoyées à Stéphane Roberti. Un courrier daté du 19 septembre dit ceci: "en ce qui concerne le respect du délai d’envoi des décisions à l’autorité de tutelle, de graves manquements ont été constatés" entre le 1er juillet 2015 et le 26 juillet 2018. La tutelle déplore des "anomalies", dans l’encodage des documents dans le logiciel administratif du CPAS et constate que "en ce qui concerne les marchés publics de faible importance, des manquements en termes de motivation et de preuve de la mise en concurrence ont été systématiquement relevés". Le président Roberti est invité à "remédier sans délai à ces différents manquements".

Dans un autre dossier, qui fait l’objet d’une enquête  judiciaire, la négligence de Stéphane Roberti est confirmée par la tutelle. On lui reproche la signature d’un contrat de travail sans l’aval du Conseil de l’action sociale. Un fait d’autant plus interpellant que ce dossier était particulièrement sensible puisque le travailleur concerné "s’était prévalu, devant les autorités communales, d’un contrat de travail falsifié afin d’obtenir pour un parent le droit au regroupement familial", écrivent les ministres Fremault et Smet. Selon eux, le président n’a que trop tardé à remédier à la situation irrégulière de ce travailleur. Ils concluent à une négligence sans que celle-ci soit toutefois qualifiée de grave.

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