La campagne va être longue

La prime à la bonne santé élaborée par Thuin en laisse plus d'un perplexe. ©BELGA

C'est parti. Alors que les communales pointent le bout de leur nez, s'ouvre la saison des fausses bonnes idées électorales.

C’est indéniable. Il flotte dans l’air comme un parfum d’élections communales. Logique: octobre 2012 + 6 ans, cela donne octobre 2018.

Il n’est toutefois nul besoin de se livrer à de l’arithmétique ou de remonter le temps pour s’en rendre compte. Les candidats sont nerveux. Les chantiers de rénovation pullulent dans l’espace public – c’est ce que l’on nomme la dernière ligne droite.

Et certaines communes lancent des initiatives inédites censées flatter le futur électeur. Au risque, parfois, de frôler l’absurde ou le ridicule.

Sans doute la distribution de tracts distrait-elle moins le consommateur que la collecte de fonds

Ainsi, à Namur, Eliane Tillieux se prend-elle pour le SPF Finances. La tête de file socialiste propose aux contribuables s’arrachant les cheveux devant leur déclaration d’impôts une petite dizaine de permanences fiscales – avec un petit coup de pouce de Solidaris qui en accueille une – de la fin mai à la fin juin. Photo et logo du PS en prime, sous le slogan: "Vos élus vous aident". Vous avez dit clientélisme light?

Bonne santé!

A Thuin, c’est une prime à la bonne santé qui a vu le jour à la mi-mai. A savoir 250 euros destinés aux agents communaux qui ne sont pas malades plus de 15 jours par an – en sachant qu’une longue liste de maladies (allant du cancer au typhus en passant le choléra ou l’insuffisance rénale) sont exclues du dispositif. Certes, rappelle le bourgmestre Paul Furlan (PS), la prime en question s’inscrit dans une réflexion plus large quant au temps de travail, puisqu’en janvier, le personnel est ainsi passé de 38 à 36 heures hebdomadaires sans perte salariale.

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N’empêche que la prime n’a guère plu à l’opposition, qu’elle soit libérale ou écologiste. Depuis quand en effet récompense-t-on des travailleurs… se rendant au boulot, ce qui constitue tout de même l’une des premières obligations contractuelles. Ce n’est d’ailleurs pas le seul souci que soulève cette décision. N’y a-t-il pas une forme de discrimination entre travailleurs, basée sur leur état de santé? Cela ne risque-t-il pas de pousser à une forme de présentéisme, poussant les malades à venir se traîner au travail alors qu’ils feraient mieux de se soigner sous la couette? Et ne parlons même pas de l’usage, par la commune, des données à caractère médical.

Juste un petit tract

Encore et toujours le PS, pensez-vous? Passons alors à la belle commune de Wavre. Où les autorités locales ont décidé que le démarchage effectué par des ONG ne serait plus toléré lors du marché hebdomadaire du mercredi. Au lieu de quoi les organisations non gouvernementales seront les bienvenues le lundi et le jeudi, mais à raison uniquement de cinq occasions par an, par organisation.

La raison invoquée par la bourgmestre Françoise Pignolet (MR)? Entrave au commerce. Allez, rassurez-vous, le démarchage électoral reste, lui, autorisé – pour l’heure en tout cas. A vrai dire, alors qu’octobre approche au grand galop, la commune n’y a même pas pensé. Sans doute la distribution de tracts distrait-elle moins le consommateur que la collecte de fonds.

On le sent: cette campagne va être longue. Alors qu’elle vient à peine de débuter. Et que l’on se lance déjà du "Trump" au visage.

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